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Accueil "Plans et parties de l'Être" "Plans et parties de l'Être" Nouvelle présentation de textes de Sri Aurobindo concernant les Plans et parties de l'Être (58 p. en caract. 14)

 

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NOUVELLE PRÉSENTATION DE TEXTES DE SRI AUROBINDO

CONCERNANT LES PLANS ET PARTIES DE L'ÊTRE


Ci-après il y a quelques paragraphes d'introduction puis des textes de Sri Aurobindo.


Il n’y a pas besoin d’être intéressé par toutes les actions de celui-ci et de la Mère pour en recevoir des idées nouvelles. Celles-ci peuvent aider à mieux se connaître, mieux se comprendre, mieux comprendre ce qui se passe dans le monde, et mieux vivre. Elles peuvent aussi servir seulement à être présentes dans la pensée de quelqu’un en plus de celles qui y sont déjà, en pouvant être utilisées si l'occasion se présente.


Lorsque l’on veut connaître la conception d’un être humain qui est présentée par Sri Aurobindo, on peut se retrouver en train de lire la première partie du tome 2 de ses Lettres, qui est titrée « Plans et parties de l’Être ». (Il y a l'idée d'un seul Être.) D’un point de vue pratique, il semble que l’ordre de présentation des lettres ou extraits de lettres ne facilite pas la compréhension.


Ainsi, d’un point de vue pratique, il semble qu’il soit bon de commencer par présenter ce qui est connu ou plus ou moins facilement connaissable par quiconque, c’est-à-dire dire de commencer par ce qui est déjà en soi-même, un être humain, et qui peut être perceptible, distinguable, reconnaissable, par exemple les pensées, les émotions, les sensations et le corps physique. Après, on va vers l’intérieur, etc. Et il y a la continuation du classement des extraits selon ce qui semble le mieux. C'est ainsi que, plus loin, sont présentées les citations.
Cet ensemble est classé aussi en deux parties principales. Dans la première il y a ce qui est considéré déjà connu ou reconnaissable par quiconque. Dans la deuxième, il y a ce qui est pris en conscience par un effort d’évolution qui est la pratique du yoga de Sri Aurobindo et de la Mère.
Dans cet ensemble, de nouvelles idées sont introduites progressivement : quand un sujet est présenté, il n’y a pas (ou le moins possible) de citations qui contiennent en plus une ou plusieurs notions qui ne sont présentées que plus tard.


La classification faite par la Mère continue d’exister et il y a aussi la présente faite d'un point de vue pratique.


Un but de ce qui suit est de tenter d’apporter de la conscience là où elle n’est pas encore.
Même pour les individus qui sont intéressés par Sri Aurobindo et la Mère, il est bon d’avoir une présentation aisément utilisable où, en peu de pages, on peut avoir un aperçu de tout un sujet, dont la compréhension est donc facilitée. Il y a des conséquences lors de la lecture de leurs livres. En plus, il peut être bon parfois de relire tout cela.


Si des personnes développées veulent reprendre ce qui suit et l'améliorer, veulent modifier l’ordre des extraits ou en ajouter, tenir compte des deux parties (sans yoga ou avec lui), des notions nouvelles introduites progressivement, et de la classification qui est compréhensible facilement d’après la lecture.


Concernant le tome 2 de Lettres, il ne fut pas cherché à reclasser toutes les lettres dans l’ordre utilisé dans le présent texte, mais seulement à extraire des lettres ou parties de lettres afin d’avoir une vision d’ensemble compréhensible relativement facilement et rapidement. (Il est possible qu’il y ait parfois un mauvais plan. Il est possible aussi que, même dans le cadre du plan existant, certains extraits soient mal placés, mal classés, en conséquence d’un manque de développement de l’auteur de ce classement, qui causa de l’incompréhension.) Des personnes développées peuvent corriger.


Après que ce qui précède concernant le tome 2 fut fait, il y eut une comparaison avec le contenu de deux chapitres ayant le même titre publiés, l’un en *35 en anglais dans un livre dont le titre en français est Lumières sur le yoga, l’autre en *48 en anglais dans un livre dont le titre en français est Nouvelles lumières sur le yoga. (Ces ouvrages furent publiés ensuite en français.)
Il apparut surtout qu’une lettre publiée en anglais en 35 n’avait pas été reproduite dans la partie du début du tome 2 de *84, celle commençant par « Yoga signifie ». Elle contient pourtant des explications à propos de sujets qui sont évoqués dans ce début du tome 2 mais qui le sont si brièvement que ça ne permet pas d’avoir un bon aperçu.
Il fut donc décidé d’ajouter cette lettre, qui est dans le tome 5 publié en *87.
Il fut décidé aussi d’ajouter d’autres extraits du tome 5 sur les mêmes sujets. Ce sont donc six passages provenant des pages 70 à 74 du tome 5 qui furent ajoutés. Tous furent placés dans la même partie de la classification, vers sa fin.
Lorsque ce qui précède fut fait, il y eut une comparaison avec l’édition française de Lettres qui fut faite en trois volumes par l’éditeur Adyar de Paris dans les années *50. Dans le volume 1, de 50, il y a une partie qui est titrée « Les parties de la conscience totale ». Rien à dire ici sauf que le mot conscience est moins large que Être. Un avantage de cette édition est que la date de beaucoup de lettres est indiquée.
Puis, il fut pensé que ce qui était placé à propos des plans du mental supérieur, du mental illuminé et de l’Intuition n’était pas suffisant. Douze autres citations furent donc ajoutées, qui proviennent seulement du même ouvrage, des pages 78 à 83 et 87 de son tome 5.
Puis, il fut considéré utile d’ajouter quatre citations provenant du tome 1, deux venant du tome 4 et une venant du tome 6.



Les textes cités sont placés entre des guillemets.
Au début de chacun d’eux, le tome n’est indiqué que pour ceux qui ne sont pas le deuxième, et il y a le numéro de la page où commence la citation.
Parfois, il y a une coupure qui est indiquée par le signe : […] (c’est-à-dire des points de suspension entre un crochet ouvrant et un crochet fermant).
Une précision est ajoutée entre des crochets deux fois ainsi : « la science psychique [ce dernier mot n’ayant pas le sens précis donné par Sri Aurobindo et la Mère] ». C’est dans une citation qui commence p. 139.


Dans les textes reproduits, il y avait des fautes et elles sont corrigées. Toutes sont dans le tome 2 et les voici. Page 4 : un point final ajouté après « pression de la conscience ». P. 23 : dans « plans superposés ou ». P. 26 : aucune dans « sans aucun relation ». P. 73 : une dans « dans un plante ». P. 145 : à demi au lieu de « à-demi ». P. 147 : de dans « se souvenant constamment du cela ». P. 159 : pouvoirs dans « deux pouvoir ».

 


LES EXTRAITS


Page 1. « Nous sommes composés de nombreuses parties, et chacune apporte sa part au mouvement total de notre conscience, de notre pensée, notre volonté, nos sensations, sentiments et actions. Mais nous ne voyons ni l’origine ni la trajectoire de ces impulsions ; nous percevons seulement leurs résultats de surface, confus et pêle-mêle, et nous ne savons rien leur imposer de mieux qu’un ordre précaire et changeant tout au plus. »

P. 137. « Chaque plan de notre être ‑ mental, vital, physique ‑ a sa propre conscience, chacune étant séparée bien qu’elles soient reliées entre elles et agissent l’une sur l’autre ; mais pour notre mental et nos sens extérieurs, dans notre expérience de veille, elles sont toutes confondues. »

P. 107. « […] l’investigation psychologique en Europe (et sans investigation il ne peut y avoir aucune connaissance solide) ne fait que commencer et n’est pas encore allée très loin, et ce qui a dominé le mental des hommes jusqu’à présent est une description superficielle des apparences superficielles de notre conscience, telles qu’elles nous apparaissent à première vue, et rien de plus. Mais la connaissance commence seulement quand nous nous éloignons des phénomènes de surface et recherchons, derrière eux, leurs fonctionnements et leurs causes véritables. Pour la vision superficielle du mental extérieur et des sens, le soleil est une petite boule de feu au milieu des airs qui décrit un cercle autour de la terre, et les étoiles de petits objets scintillants piqués dans le ciel à notre intention pendant la nuit. La recherche scientifique intervient alors et met en pièces cette première vision infantile. Le soleil est une énorme chose (à des millions de kilomètres de notre atmosphère) autour de laquelle tourne la petite terre, et les étoiles sont les énormes parties d’énormes systèmes situés à des distances indescriptibles, et qui n’ont apparemment rien à voir avec la minuscule terre et ses créatures. Tout la Science est ainsi, elle contredit la vision des sens ou les apparences superficielles des choses et affirme des vérités que la raison ordinaire et non éduquée ne devine pas. Le même procédé doit être appliqué en psychologie si nous voulons vraiment savoir ce qu’est notre conscience, comment elle est construite et fabriquée, quel est le secret de ses fonctionnements, ou comment sortir de son désordre. »


OOO

P. 105. « Le "mental", au sens courant, embrasse indifféremment toute la conscience, car l’homme est un être mental et voit tout sous l’aspect mental ; mais dans la terminologie de notre yoga, le substantif "mental" et l’adjectif "mental" 54 [54 = correspond à une note de bas de page.] sont utilisés pour désigner spécialement la partie de la nature qui a rapport avec la cognition et l’intelligence, avec les idées, les perceptions mentales ou perceptions de pensée, les réactions de la pensée devant les objets, avec les formations et les mouvements purement mentaux, la vision et la volonté mentales, etc. ‑ toutes choses qui font partie de l’intelligence de l’homme. Du mental, il faut soigneusement distinguer le vital, quoiqu’un élément mental y ait transfusé. Le vital est la nature de la Vie, faite de désirs, de sensations, de sentiments, de passions, d’énergies d’action, de volontés du désir, de réactions de l’âme-de-désir en l’homme, et de tout le jeu des instincts de possession et autres apparentés : colère, peur, avidité, convoitise, etc., qui appartiennent à ce domaine de la nature. À la surface de la conscience, le mental et le vital sont mélangés, mais en eux-mêmes ce sont des forces tout à fait distinctes et dès que l’on passe derrière la conscience ordinaire superficielle, on les voit séparés, on découvre leur différence et on peut, à l’aide de cette connaissance, analyser leurs mélanges superficiels. »

P. 81. « Le vital, en tant qu’âme de désir et nature de désir, domine dans une large mesure la conscience chez la plupart des hommes, parce que les hommes sont gouvernés par le désir. Mais même dans la nature humaine de surface, le vrai souverain de la conscience est l’être mental, […]. »


OOO

P. 112. « Le mental proprement dit est divisé en trois parties : le mental pensant, le mental dynamique, le mental extériorisant, le premier s’occupant des idées et de la connaissance en elles-mêmes, le second s’occupant d’émaner des forces mentales pour réaliser l’idée, le troisième de les exprimer dans la vie (non seulement au moyen du langage, mais par toutes les formes qu’il peut leur donner). »


OOO

P. 136. « Le mot vitalité désigne la force de vie ‑ partout où est la vie, dans la plante, dans l’animal ou dans l’homme, il y a une force de vie ; sans le vital, il ne peut pas y avoir de vie dans la matière, ni d’action vivante. Le vital est une force nécessaire et rien ne peut être fait ni créé dans l’existence corporelle, si le vital n’est pas là en tant qu’instrument. »

P. 108. « Le vital […] est une chose de désirs, d’impulsions, de poussées de force, d’émotions, de sensations, de poursuite des satisfactions de la vie, de possession et de jouissance ; telles sont ses fonctions, telle est sa nature ; il est cette partie en nous qui recherche la vie et ses mouvements pour eux-mêmes, et qui refuse de s’en dessaisir, même s’ils apportent la souffrance autant ou plus que le plaisir ; il est même capable de s’abandonner avec délice aux larmes et à la souffrance parce qu’elles font partie du drame de la vie. »

P. 122. « L’être vital contient quatre parties : d’abord le vital mental qui, par la pensée, le langage ou tout autre moyen, donne une expression mentale aux émotions, désirs, passions, sensations et autres mouvements de l’être vital ; le vital émotif qui est le siège de sentiments divers, tels que l’amour, la joie, la tristesse, la haine, et le reste ; le vital central qui est le siège des désirs les plus ardents et des réactions les plus fortes du vital : ambition, orgueil, peur, amour de la gloire, attractions et répulsions, désirs et passions d’ordres divers, et qui est le champ d’un grand nombre d’énergies vitales ; enfin le vital inférieur préoccupé des petits désirs et des petits sentiments dont est faite pour la plus grande partie notre vie quotidienne : désir de nourriture, désir sexuel, petits penchants, aversions, vanité, disputes, amour des louanges, colère devant les reproches, petites envies de toutes sortes et une foule innombrable d’autres choses. »


OOO

P. 129. « Le mental vital est cette partie de l’être vital qui construit, prévoit, imagine, dispose les choses et les pensées selon les impulsions de vie, les désirs, la volonté de pouvoir ou de possession, la volonté d’action, les émotions, les réactions de l’ego vital dans la nature. Il faut le distinguer de la volonté raisonnante qui organise et dispose les choses suivant les ordres du mental pensant proprement dit, de la raison discriminatrice ou encore suivant l’intuition mentale, ou une perspicacité et un jugement directs. Le mental vital utilise la pensée pour servir, non la raison, mais l’impulsion de vie et le pouvoir de vie, et quand il fait appel au raisonnement, c’est pour légitimer les ordres de ces pouvoirs, imposer leurs ordres à la raison au lieu de gouverner l’action des forces de vie par une volonté discriminatrice. »

P. 124. « La pensée vitale exprime des mouvements vitaux, le jeu des forces vitales ‑ elle ne pense pas librement et indépendamment d’eux comme peut le faire le mental pensant. Le vrai mental pensant peut se tenir au-dessus des mouvements vitaux, les regarder, les observer, les juger librement, comme il observerait et jugerait des objets extérieurs. Chez la plupart des hommes, cependant, le mental pensant (la raison) est envahi par le mental vital et n’est pas libre. »

P. 125. « Dans son activité ordinaire, le mental vital est toujours en train d’imaginer, de penser, de prévoir ce qu’il faut faire pour ceci, de se demander comment arranger cela. Il a évidemment son utilité dans la nature humaine et l’action humaine, mais il agit à tort et à travers et avec excès, sans discipline, sans économiser ses pouvoirs ni se concentrer sur ce qu’il est réellement nécessaire de faire. »

P. 114. « Le mental pensant ne mène pas les hommes, ce n’est pas lui qui les influence le plus : ce sont les tendances vitales et le mental vital qui prédominent. Chez la plupart d’entre eux le mental pensant n’est, en ce qui concerne la vie, qu’un instrument du vital. »

P. 113. « Le mental vital proprement dit est une sorte de médiateur entre l’émotion, le désir, l’impulsion, etc. du vital, et le mental proprement dit. Il exprime les désirs, les sentiments, les émotions, les passions, les ambitions, les tendances possessives et actives du vital et les projette en formes mentales (les imaginations pures ou les rêves de grandeur, de bonheur, etc., auxquels s’adonnent les hommes sont une forme particulière de l’activité du mental-vital). Il y a un niveau encore plus bas du vital dans le mental, qui ne fait qu’exprimer la substance vitale sans la soumettre à aucun jeu de l’intelligence. C’est à travers ce mental vital que les passions, les impulsions, les désirs du vital montent et gagnent la bouddhi pour la voiler ou la fausser. »

P. 123. « Il y a une partie de la nature que j’ai appelée le mental vital, ce mental n’a pas pour fonction de penser et de raisonner, de percevoir, de réfléchir et de découvrir ou d’évaluer les choses, car cette fonction appartient au mental pensant proprement dit, bouddhi ‑ mais de faire des projets ou de rêver, ou d’imaginer ce qui peut être fait. Il fait des formations pour l’avenir que la volonté peut essayer de réaliser si l’occasion ou les circonstances deviennent favorables, ou même il peut travailler à les rendre favorables. Chez les hommes d’action, cette faculté prédomine et conduit leur nature ; les grands hommes d’action la possèdent toujours à un très haut degré. Mais même si l’on n’est pas un homme d’action ou de réalisation pratique, ou si les circonstances ne sont pas favorables, ou si l’on ne peut faire que de petites choses ordinaires, ce mental vital est là. Il agit alors sur une petite échelle, ou, s’il a besoin d’un certain sentiment d’élargissement, il lui arrive très souvent de faire des projets dans le vide, sachant qu’il ne peut réaliser ses plans, ou alors il imagine de grandes choses, des histoires, des aventures, de hauts faits dont il est lui-même le héros ou le créateur. »

P. 124. « [Le mental vital :] c’est un mental de volonté dynamique (et non rationnalisante), d’action, de désir, préoccupé de force et d’accomplissement, de satisfaction et de possession, de jouissance et de souffrance, du besoin de donner et de prendre, de croître et de s’étendre, soucieux de réussite et d’échec, de bonne et de mauvaise fortune, etc., etc. »


OOO

P. 127. « La question concernant le vital émotif et le vital supérieur est assez compliquée. Selon la classification dans laquelle le mental est considéré comme quelque chose de plus que l’intelligence qui pense, perçoit et veut, le vital émotif peut être compté comme une partie du mental, comme le vital dans le mental. Selon une autre classification, il est plutôt la partie la plus mentalisée de la nature vitale. Dans le premier cas, le terme "vital supérieur" se restreint à ce mouvement plus vaste de la force de vie consciente qui concerne la création, le pouvoir, la force, la conquête, l’acte de donner et de se donner, de moissonner dans le monde pour poursuivre l’action et dépenser le pouvoir, de se projeter au dehors dans les mouvements plus vastes de la vie ; il répond aux objectifs plus grands de la Nature. Dans le second cas, l’être émotif se tient au sommet de la nature vitale et tous deux constituent le vital supérieur. À leur opposé se trouve le vital inférieur qui se préoccupe des mouvements plus étriqués de l’action et du désir, et qui s’étend jusqu’au vital physique où il soutient la vie des activités plus extérieures et toutes les sensations, tous les appétits, les convoitises, les satisfactions physiques. Le terme "inférieur" ne doit pas être pris dans un sens péjoratif ; il s’applique seulement à la position dans la hiérarchie des plans. »

P. 112. « "Vital supérieur" désigne habituellement le mental vital et l’être émotif, par opposition au vital moyen qui a son siège à l’ombilic et qui est dynamique, lié aux sens, passionné, et au vital inférieur qui est fait des petits mouvements des désirs vitaux humains et des réactions vitales 58. » « 58. Nouvelles lumières sur le Yoga, chapitre 2. »

P. 113. « Le vital inférieur, distinct du vital supérieur, est préoccupé uniquement des petits appétits, des petits désirs, des petites passions, etc. qui constituent la substance quotidienne de la vie pour l’homme ordinaire soumis aux sensations ‑ alors que le physique vital proprement dit est l’être nerveux qui réagit par des réflexes vitaux aux contacts des choses avec la conscience physique 59. » « 59. Nouvelles lumières sur le Yoga, chapitre 2. »

P. 135. « Nous appelons vital matériel le vital qui est involué dans la Matière au point que celle-ci l’enchaîne par ses mouvements et son caractère grossièrement physique ; son action consiste à soutenir le corps, à lui donner de l’énergie, à conserver en lui la capacité de vivre, de grandir, de se mouvoir, etc., et aussi d’être sensible aux contacts extérieurs. »


OOO

P. 136. « Même dans la vie ordinaire le vital doit être dominé par le mental et la volonté mentale, sinon il apporte désordre ou désastre. Quand les gens parlent d’un homme vital, ils entendent par là qu’il est sous l’empire d’une force vitale non dominée par le mental ou par l’esprit. Le vital peut être un bon instrument, mais il est un mauvais maître. »

P. 109. « […] l’homme peut établir une domination mentale sur son vital, et c’est dans cette mesure qu’il est un homme – parce que le mental pensant est une entité, une conscience plus noble et plus éclairée que le vital et devrait, par conséquent, gouverner, et qu’il peut le faire si la volonté mentale est forte. Mais son règne est précaire, incomplet et ne peut être maintenu que par une grande discipline de soi. Car si le mental est plus éclairé, le vital est plus proche de la terre, plus intense, plus véhément, plus directement capable d’influencer le corps. Il y a aussi un mental vital qui vit d’imagination, de pensées de désir, de volonté d’agir et de jouir par sa propre impulsion, et il est capable de se saisir de la raison, d’en faire une aide et une conseillère qui le justifie, qui lui fournit prétextes et excuses. Il y a aussi en l’homme la pure force du Désir qui est le principal soutien du vital, et qui est assez forte pour balayer la raison "tel un navire sur les flots déchaînés", […]. »


OOO

P. 114. « Le mental physique est cette partie du mental qui ne s’occupe que des choses physiques ; il dépend du mental sensoriel, voit seulement les objets, les actions extérieures, tire ses idées des données fournies par les choses extérieures, ne tire des déductions que de cela, et ne connaît aucune autre Vérité avant d’être illuminé d’en haut. »

P. 114. « Le mental physique ne peut s’occuper que de choses extérieures. Dans les autres domaines, il faut penser et décider avec le mental lui-même (bouddhi), non avec la partie physique du mental. »

P. 114. « Cette partie de l’être [le mental physique] n’a pas de raison, mais seulement des caprices, des habitudes ou un penchant à être tamasique. »

P. 115. « C’est le mental physique qui aimerait que tout soit rendu facile. »

P. 113. « De même que le mental vital est limité par le point de vue et le sentiment vital des choses (alors que l’Intelligence dynamique ne l’est pas, car elle agit au moyen de l’idée et de la raison), de même le mental dans le physique ou mental physique est limité par le point de vue et l’expérience physiques des choses ; il mentalise les expériences suscitées par les contacts de la vie et des choses extérieures, et ne va pas au-delà (bien qu’il puisse le faire avec beaucoup d’intelligence), à la différence du mental extériorisant qui les manipule davantage du point de vue de la raison et de son intelligence plus haute. Dans la pratique cependant, en général les deux se mêlent. »

P. 113. « Le mental mécanique est une action très inférieure du mental physique qui, laissé à lui-même, ne ferait que répéter les idées habituelles et enregistrer les réactions réflexes naturelles de la conscience physique aux contacts de la vie et des choses extérieures. »

P. 115. « Le mental mécanique est une sorte de moteur ; tout ce qui vient à lui il le met dans la machine et le fait tourner en rond sans arrêt, peu importe ce que c’est. »

P. 115. « […] ce que vous avez décrit là est le physique mental mécanique ou mental corporel qui, lorsqu’il est livré à lui-même, se contente de répéter les pensées coutumières et les mouvements habituels du passé, ou tout au plus ajoute à ceux-ci d’autres réactions mécaniques aux choses et d’autres réflexes propres au train-train de la vie. Le véritable mental physique est l’intelligence qui reçoit et extériorise et qui a deux fonctions : d’abord agir sur les éléments extérieurs et les ordonner mentalement afin de pouvoir les manipuler dans la pratique, et ensuite être un canal pour matérialiser et mettre à exécution tout ce que le mental pensant et dynamique lui transmet à cette fin. »


OOO

P. 133. « De même qu’il existe un mental physique, il y a un vital physique, un vital entièrement tourné vers les choses physiques, plein de désirs et d’appétits, entièrement adonné à la recherche des plaisirs sur le plan physique. »

P. 134. « Le vital physique est l’être des petits désirs, des petites convoitises, etc. ; le physique vital est l’être nerveux ; ils sont étroitement liés. »

P. 134. « La partie nerveuse de l’être est une portion du vital ‑ c’est le physique-vital, la force de vie étroitement engrenée dans les réactions, désirs, besoins, sensations du corps. »

P. 134. « Le physique vital gouverne toutes les petites réactions quotidiennes aux choses extérieures : réactions des nerfs, de la conscience physique et des émotions et sensations réflexes ; il motive la plupart des actions ordinaires de l’homme et se joint aux parties inférieures du vital proprement dit pour produire le désir, la jalousie, la colère, la violence, etc. Dans ses parties les plus basses (vital matériel) il est l’agent de la douleur, de la maladie physique, etc. »

P. 135. « L’énergie du corps est une manifestation de forces matérielles soutenue par l’énergie physique-vitale, qui est l’énergie vitale précipitée dans la matière et soumise à ses conditions. »

P. 136. « Le physique dépend du vital, à chaque pas ‑ il ne pourrait rien faire sans l’aide du vital ; il est donc tout à fait naturel qu’il accepte ses suggestions. »


OOO

P. 109. « […] le corps obéit au mental automatiquement dans les domaines où il est exercé ou dressé à obéir, mais la relation du corps avec le mental n’a pas, en toutes choses, la perfection d’un instrument automatique. Le corps aussi a une conscience qui lui est propre et, bien qu’elle soit un instrument submental ou une conscience subalterne, elle peut aussi désobéir ou ne pas obéir. Dans beaucoup de domaines, ceux de la santé et de la maladie par exemple, dans tous les fonctionnements automatiques, le corps agit par lui-même et n’est pas le serviteur du mental. S’il est épuisé, il peut opposer une résistance passive à la volonté du mental. Il peut brouiller le mental par le tamas, l’inertie, la pesanteur, les fumées du subconscient, de sorte que le mental ne peut agir. Le bras se lève, certes, quand il reçoit la suggestion, mais au début les jambes n’obéissent pas quand il leur est demandé de marcher ; elles doivent apprendre à quitter l’attitude et le mouvement de la reptation et prendre l’habitude de la posture verticale et de la marche. Quand vous demandez pour la première fois à la main de tracer une ligne droite ou de jouer de la musique, elle ne peut pas le faire et ne le fera pas. Elle doit être dressée, entraînée, éduquée, et ensuite elle fait automatiquement ce qui lui est demandé. Tout cela prouve qu’il y a une conscience du corps qui peut agir sur ordre du mental, mais qui doit être éveillée, exercée, transformée en un instrument efficace et conscient. Elle peut même être entraînée au point qu’une volonté ou une suggestion mentale soit capable de guérir la maladie du corps. »


OOO

P. 128. « Il ne faut pas oublier que si cette classification est indispensable à la connaissance psychologique de soi, à la discipline et à la pratique, elle rend le meilleur service quand on n’en fait pas une formule trop rigide ni trop tranchée. Car les choses s’interpénètrent beaucoup, et la perception synthétique de ces pouvoirs est aussi nécessaire que leur analyse. Le mental, par exemple, est partout. Le mental physique est placé, techniquement, sous le vital, et pourtant il est une prolongation du mental proprement dit et peut agir dans sa propre sphère par contact direct avec l’intelligence mentale supérieure. Et il y a aussi un obscur mental du corps, des cellules mêmes, des molécules, des corpuscules. »

P. 143. « Le mental et le vital, quant à eux, sont partout ‑ il y a un mental et une vie obscurs, même dans les cellules du corps, dans les pierres, les molécules et les atomes. »

P. 124. « En tout il y a une partie physique : même le mental a une partie physique ; il y a un physique mental, un mental du corps et un mental matériel. L’être émotif aussi a une partie physique, dont la localisation n’est pas séparée du reste de l’être émotif. On ne peut faire cette distinction que lorsque la conscience devient suffisamment subtile. »

P. 135. « […] le physique vital est au-dessous du mental physique, mais au-dessus du mental matériel ; mais en même temps ces pouvoirs s’interpénètrent. »

P. 142. « Oui ‑ ou du moins c’est [la conscience matérielle] une partie distincte de la conscience physique. Le mental physique, par exemple, est étroit, borné, souvent stupide, mais il n’est pas inerte. La conscience matérielle, au contraire, est inerte et aussi, dans une large mesure, subconsciente ; elle n’est active que lorsqu’une énergie l’entraîne, autrement elle reste inactive et immobile. »

P. 142. « [Le matériel :] C’est le degré le plus physique du physique. Il y a le physique mental, le physique vital, le physique matériel. »


OOO

P. 2. « La conscience est habituellement identifiée au mental, mais la conscience mentale n’est que le domaine humain et ne couvre pas plus tous les domaines possibles de conscience que la vision humaine ne couvre toute la gamme des couleurs, ou l’ouïe humaine toute la gamme des sons – […]. »

P. 139. « Il y a, en plus de la conscience extérieure, une conscience intérieure dans tout notre être, à tous les niveaux. L’homme ordinaire ne perçoit que son moi de surface et non tout ce qui est caché par cette surface. Et pourtant ce qui est à la surface, ce que nous connaissons ou pensons connaître de nous-mêmes, ou même que nous croyons être tout ce que nous sommes, n’est qu’une petite partie de notre être ; et sous la surface se trouve la partie de nous-mêmes qui est, de loin, la plus vaste. Ou, plus précisément, elle est derrière la conscience de surface, derrière le voile, occulte, et ne peut être connue que par la connaissance occulte. La psychologie moderne et la science psychique [ce dernier mot n’ayant pas le sens précis donné par Sri Aurobindo et la Mère] ont commencé à percevoir un tout petit peu cette vérité. La psychologie matérialiste appelle cette partie cachée l’Inconscient, tout en admettant, pratiquement, qu’elle est beaucoup plus grande, plus profonde et plus puissante que le moi conscient de surface – […]. La science psychique [ce dernier mot n’ayant pas le sens précis donné par Sri Aurobindo et la Mère] appelle cette conscience cachée le moi subliminal et là aussi on constate que ce moi subliminal a davantage de pouvoirs, plus de connaissance, un champ d’activité plus libre que le moi plus petit qui est à la surface. Mais la vérité est que tout cela, qui est derrière, cet océan dont notre conscience de veille n’est qu’une vague ou une série de vagues, ne peut être décrit par un terme unique, car c’est très complexe. Une partie en est subconsciente, inférieure à notre conscience de veille, une partie est au même niveau, mais en arrière et beaucoup plus vaste qu’elle, une partie est au-dessus et, pour nous, supraconsciente. Ce que nous appelons notre mental n’est qu’un mental extérieur, une action mentale de surface, utilisable seulement pour l’expression partielle d’un mental plus vaste par derrière que nous ne percevons pas habituellement, et que nous ne pouvons connaître qu’en entrant à l’intérieur de nous-mêmes. De même aussi, ce que nous connaissons du vital en nous n’est que le vital extérieur, une activité de surface qui exprime partiellement un vital secret plus vaste que nous ne pouvons connaître qu’en allant à l’intérieur. De même, ce que nous appelons notre être physique n’est que la projection visible d’une conscience physique invisible, plus grande et plus subtile, qui est beaucoup plus complexe, beaucoup plus éveillée, beaucoup plus vaste dans sa réceptivité, beaucoup plus ouverte, souple, libre. »

P. 150. « Notre action a trois sources occultes : supraconsciente, subliminale, subconsciente ; mais nous ne gouvernons aucune d’elles et n’en sommes même pas conscients. C’est de l’être de surface que nous avons conscience, mais ce n’est qu’un dispositif instrumental. La source du tout est la Nature générale : la Nature universelle qui s’individualise en chaque personne ; car cette Nature générale dépose en nous certaines habitudes de mouvement, de personnalité, de caractère, de facultés, de dispositions, de tendances, et tout cela, qui s’est formé maintenant ou avant notre naissance, est ce que nous appelons généralement nous-même. De cela, une bonne part s’exprime en mouvements habituels et en usage courant dans nos parties conscientes, connues à la surface ; une bien plus grande part reste cachée dans les trois autres sources inconnues qui se tiennent derrière la surface et au-dessous. »

P. 3. « Les termes supraconscient et subconscient ne sont que relatifs ; à mesure que nous nous élevons dans le supraconscient, nous voyons que c’est une conscience plus grande que la plus haute que nous ayons déjà atteinte, et par conséquent, dans notre état normal, elle est pour nous inaccessible ; si nous pouvons descendre dans le subconscient, nous y trouvons une conscience autre que la nôtre à sa limite mentale inférieure, qui par conséquent nous est d’ordinaire inaccessible. »


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P. 92. « Derrière toute la nature vitale de l’homme existe, caché et immobile, son être vital véritable, qui est tout à fait différent de la nature vitale superficielle. Le vital de surface est étroit, ignorant, borné, plein d’obscurs désirs, de passions, d’appétits, de révoltes, de plaisirs et de peines, de joies et de douleurs éphémères, d’exultations et de dépressions. L’être vital véritable, au contraire, est large, vaste, calme, fort, sans limitations, ferme et inébranlable, capable de toute puissance, de toute connaissance, […]. De même, il existe aussi un être mental véritable, un être physique véritable. Quand ceux-ci se manifestent, on devient conscient d’une double existence en soi : l’une profonde, qui est toujours calme et forte, et l’autre, en surface, qui seule est tourmentée et obscure. Mais si l’être véritable en arrière reste stable et que vous vivez en lui, l’agitation et l’obscurité restent uniquement à la surface ; dans cet état, les parties extérieures peuvent être maniées avec plus d’efficacité et, elles aussi, rendues libres et parfaites 50. » « 50. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »

P. 94. « Ils [le mental intérieur et le vital intérieur] exercent une influence et émettent leurs pouvoirs ou leurs suggestions, que le mental et le vital extérieurs tantôt suivent de leur mieux, tantôt ne suivent pas. Le degré de leur action sur les parties extérieures dépend de la mesure dans laquelle l’individu a une vie intérieure. Par exemple, la vie du poète, du musicien, de l’artiste, du penseur est gouvernée en grande partie de l’intérieur ; celle des hommes de génie aussi, et de ceux qui essaient de vivre selon un idéal. Mais quantité de gens ont très peu de vie intérieure et sont entièrement dominés par les forces de la Nature. »

P. 96. « L’être intérieur n’est pas habituellement agité, mais il peut être calme ou agité, comme l’être extérieur. »

P. 127. « […] le vital inférieur […] se préoccupe des mouvements plus étriqués de l’action et du désir, et qui s’étend jusqu’au vital physique où il soutient la vie des activités plus extérieures et toutes les sensations, tous les appétits, les convoitises, les satisfactions physiques. Le terme "inférieur" ne doit pas être pris dans un sens péjoratif ; il s’applique seulement à la position dans la hiérarchie des plans. Car bien que cette partie de la nature, dans les êtres terrestres, tende à être très obscure et soit pleine de perversions ‑ désir, avidités de toutes sortes, vanité, petites ambitions, colère mesquine, envie, jalousie sont ses hôtes ordinaires ‑ elle a pourtant un autre aspect qui en fait un médiateur indispensable entre l’être intérieur et la vie extérieure. »


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P. 143. « L’expression "physique grossier" désigne le physique terrestre et corporel, tel que le mental sensoriel extérieur et les sens en ont l’expérience. Mais il ne constitue pas la totalité de la Matière. Il y a aussi un physique subtil qui contient une conscience plus subtile, et peut, par exemple, aller à une certaine distance du corps et cependant sentir et percevoir les choses d’une manière qui n’est pas purement vitale ou mentale. »

P. 143. « Les nerfs physiques font partie du corps matériel, mais ils s’étendent jusqu’à pénétrer le corps subtil, et il y a une connexion entre les deux. »


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P. 45. « L’être intérieur ‑ mental intérieur, vital intérieur, physique intérieur ou subtil ‑ sait beaucoup de choses qui ne sont pas connues du mental extérieur, du vital extérieur, du physique extérieur, car il a un contact plus direct avec les forces secrètes de la Nature. »

Tome 1, p. 124. « Le mental, le vital et le physique ne sont inextricablement mêlés que dans la conscience de surface ‑ le mental intérieur, le vital intérieur, le physique intérieur sont séparés. »


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P. 92. « Conscience intérieure signifie mental intérieur, vital intérieur, physique intérieur, et derrière eux le psychique qui est leur être le plus profond. »

P. 168. « Savez-vous que l’être intérieur comprend le mental intérieur, le vital intérieur, le physique intérieur, avec l’être psychique derrière, le plus intérieur ? »

P. 70. « […] le mot psychique a été utilisé. en anglais pour désigner n’importe quoi dans le mental intérieur, le vital intérieur ou le physique intérieur, ou tout ce qui est anormal, ou occulte, ou même les mouvements plus subtils de l’être extérieur, tout cela mélangé : les phénomènes occultes sont souvent qualifiés de psychiques. »

P. 78. « Dans la conscience ordinaire, où le mental et le reste ne sont pas éveillés, le psychique agit de son mieux à travers eux, mais selon les lois de l’Ignorance. »

P. 79. « L’âme est toujours pure, mais la connaissance et la force qui sont en elle sont involuées et sortent seulement à mesure que le psychique évolue et se fortifie. »

P. 96. « Je ne vois pas ce que vous voulez dire en parlant de l’être intérieur situé "autour" du psychique. Il est évidemment plus proche du psychique que le mental, le vital ou le physique extérieurs, mais cela ne garantit pas qu’il soit ouvert au psychique seul et non aux autres forces universelles. »

P. 88. « Le mental européen, en général, n’a jamais été capable de dépasser la formule âme + corps ‑ où habituellement le mental est inclus dans l’âme, et tout sauf le corps est inclus dans le mental. Certains occultistes font une distinction entre l’esprit, l’âme et le corps. En même temps, il doit y avoir un sentiment vague que l’âme et le mental ne sont pas tout à fait la même chose, puisque l’on entend dire : "Cet homme n’a pas d’âme", ou : "C’est une âme", ce qui signifierait qu’il y a quelque chose en lui en plus du mental et du corps. Mais tout cela est très vague. La distinction entre le mental et l’âme n’est pas claire, il n’y en a aucune entre le mental et le vital, et souvent le vital est pris pour l’âme. »

P. 45. « L’être psychique n’est pas au-dessus mais derrière ; […] son pouvoir n’est pas une connaissance, mais un sentiment essentiel ou spirituel : il a au plus haut degré le sens clair de la Vérité et une sorte de perception innée de la Vérité qui est de la nature d’une perception de l’âme, d’un sentiment de l’âme. C’est notre être le plus profond, et il soutient tous les autres : mental, vital, physique, mais il est aussi très voilé par eux et doit agir sur eux comme une influence plutôt que […]. »

P. 73. « L’âme d’une plante ou d’un animal n’est pas latente : simplement, ses moyens d’expression sont moins développés que ceux d’un être humain. Il y a beaucoup de psychique dans une plante, beaucoup de psychique dans l’animal. Dans la forme de la plante, seuls les éléments physico-vitaux sont évolués ; la conscience, derrière la forme de la plante, ne dispose pas d’une mentalité développée ou organisée pour s’exprimer. L’animal fait un pas de plus ; il a un mental vital et peut, dans une certaine mesure, s’exprimer, mais sa conscience est limitée, sa mentalité est limitée, ses expériences sont limitées ; en outre l’essence psychique projette, pour se représenter, une conscience et une expérience moins développées qu’elle ne peut le faire en l’homme. Malgré tout, les animaux ont une âme et répondent très volontiers au psychique en l’homme. »


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P. 55. « Le "je" ou le petit ego est constitué par la Nature ; c’est une formation mentale, vitale et physique à la fois, destinée à faciliter la centralisation et l’individualisation de la conscience et de l’action extérieures. Quand on découvre l’être véritable, l’utilité de l’ego est passée et cette formation doit disparaître ; à sa place, on perçoit l’être véritable 30. » « 30. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »


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P. 57. « L’ego est une formation de la Nature ; mais il n’est pas une formation de la nature physique seulement et, par suite, il ne cesse pas avec le corps. Il y a aussi un ego mental et vital. »

P. 73. « […] normalement, après la dissolution du corps physique, l’être vital et sa personnalité ne subsistent que quelque temps ; ensuite, l’être vital passe dans le plan vital où il demeure jusqu’à ce que l’enveloppe vitale soit dissoute. Puis on passe dans l’enveloppe mentale vers un monde mental ; mais finalement l’âme quitte aussi son enveloppe mentale et va vers son lieu de repos. Si le mental est fortement développé l’être mental peut subsister ; de même pour un vital fortement développé, à condition qu’ils soient organisés et groupés autour du véritable être psychique ; ils peuvent alors partager l’immortalité du psychique. Mais ordinairement cela n’arrive pas, il y a une dissolution des parties mentales et vitales comme des parties physiques et l’âme, en renaissant, revêt un nouveau mental, une nouvelle vie et un nouveau corps, et non, comme on le suppose souvent, une réplique de son ancienne nature. Une telle répétition n’aurait ni sens ni utilité et irait à l’encontre des fins de la renaissance, dont le but est un progrès de la nature par l’expérience, une croissance de l’âme évoluant dans la nature vers la découverte de soi. En même temps, l’âme conserve l’empreinte de ce qui était essentiel dans ses vies et ses personnalités passées ; la nouvelle vie et la nouvelle personnalité sont un équilibre entre ce passé et les besoins de l’âme pour l’avenir.
P.S. Dans certains cas, l’être extérieur renaît rapidement en conservant l’ancienne personnalité et même le souvenir de sa vie passée, mais cela est exceptionnel et se produit habituellement lorsqu’une mort prématurée entraîne un sentiment d’insatisfaction et une forte volonté du vital de continuer son expérience inachevée. »

P. 75. « L’être psychique est voilé par les mouvements de surface ; il s’exprime de son mieux au moyen des trois instruments extérieurs qui sont régis davantage par les forces extérieures que par l’être intérieur ou l’entité psychique. Mais cela ne signifie pas qu’ils soient entièrement coupés de l’âme. L’âme est dans le corps de la même manière que le mental ou le vital ; mais le corps n’est pas seulement ce corps physique grossier, il est aussi le corps subtil. Quand le corps grossier tombe, les enveloppes vitale et mentale du corps subsistent en tant que véhicules de l’âme jusqu’à ce qu’elles aussi se dissolvent. »

P. 136. « La vie physique ne peut durer sans le corps, pas plus que le corps ne peut vivre sans la force de vie, mais la vie elle-même a une existence séparée et un corps séparé qui lui sont propres ; c’est le corps vital, tout comme le mental a une existence séparée et peut exister sur son propre plan. C’est le psychique qui assure la cohésion de toute l’organisation et qui soutient tout. »

P. 143. « Oui ‑ enveloppes est simplement un terme qui désigne les corps, parce que chacun est superposé à l’autre, agit comme un revêtement et peut être enlevé. Ainsi le corps physique lui-même est appelé l’enveloppe de nourriture, et quand il est rejeté cela s’appelle la mort. »

P. 152. « Il est vrai que nous apportons de nos vies passées la plus grande part de nous-même, ou plutôt de nos prédispositions, de nos tendances à réagir vis-à-vis de la Nature universelle. L’hérédité n’affecte fortement que l’être extérieur mais même là, tous les effets de l’hérédité ne passent pas toujours, sauf ceux qui sont en accord avec ce que nous devons être, ou en tout cas qui ne peuvent pas l’empêcher 73. » « 73. Les bases du Yoga, chapitre 5. Traduction de la Mère. »


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P. 23. « Il y a, en fait, deux systèmes simultanément actifs dans l’organisation de l’être et de ses parties : l’un est concentrique, série d’anneaux ou d’enveloppes dont le psychique est le centre ; l’autre est vertical, une montée et une descente, comme un escalier, une série de plans superposés où le surmental-supramental est le nœud crucial du passage par-delà l’humain vers le Divin. Pour ce passage, s’il doit être en même temps une transformation, il n’y a qu’un moyen, qu’un sentier. D’abord il doit y avoir une conversion vers l’intérieur, une plongée au-dedans pour y chercher l’être psychique profond et le ramener à la surface, découvrant du même coup les parties mentales intérieures, vitales intérieures, physiques intérieures de la nature. Ensuite, il doit y avoir une ascension, une série de conversions vers le haut et un retour vers le bas pour convertir les parties inférieures. Quand on a effectué la conversion intérieure, on répand l’influence psychique dans toute la nature inférieure, afin qu’elle soit prête pour la transformation divine. En s’élevant on passe au-delà du mental humain et, à chaque étape de la montée, il y a une conversion en une nouvelle conscience et une infusion de cette conscience nouvelle dans la totalité de la nature. En nous élevant ainsi au-delà de l’intellect, à travers le mental supérieur illuminé, jusqu’à la conscience intuitive, nous commençons à tout regarder non dans les limites de l’intellect ou à travers l’intellect en tant qu’instrument, mais d’une hauteur intuitive plus grande et à travers une volonté, un sentiment, une émotion, une sensation, un contact physique devenus intuitifs. Ainsi, procédant de l’Intuition vers une hauteur surmentale plus grande, une nouvelle conversion se produit et nous voyons, nous ressentons tout à partir de la conscience surmentale et à travers un mental, un cœur, un vital et un corps chargés de la pensée, de la vision, de la volonté, du sentiment, de la sensation, du jeu de force et du contact du surmental. Mais la dernière conversion est la conversion supramentale, car une fois arrivés là ‑ une fois que la nature est supramentalisée ‑ nous sommes au-delà de l’Ignorance, et une conversion de la conscience n’est plus nécessaire, encore qu’une progression divine ultérieure et même un développement infini soient encore possibles. »


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P. 128. « L’être psychique se tient derrière tous les autres ; sa force est le vrai pouvoir de l’âme. Mais s’il vient au premier plan, il peut s’infuser dans tout le reste : le mental, le vital, la conscience physique peuvent être marqués de son empreinte et transformés par son influence. »

P. 91. « Je parlais du mental intérieur, du vital intérieur, du physique intérieur ; afin d’atteindre le siège caché du psychique, on doit d’abord passer par là. Quand on quitte la conscience extérieure pour aller au-dedans, on entre là. »

P. 128. « Quand la nature est correctement développée, il y a un psychique dans le mental, un psychique dans le vital, un psychique dans le physique. C’est quand le psychique est présent et puissant que nous pouvons dire de quelqu’un qu’il a manifestement une âme. Mais chez certains il est tellement absent que nous devons faire appel à la foi pour nous persuader qu’ils ont une âme. »

P. 70. « Par psychique, je désigne autre chose qu’un mental et un vital purifiés. Un mental et un vital purifiés sont le résultat de l’action de l’être psychique éveillé et libéré, mais ne constituent pas eux-mêmes le psychique. »

P. 71. « J’appelle être psychique libéré celui qui n’est plus obligé de s’exprimer de derrière le voile, dans les conditions imposées par les instruments obscurs et ignorants, mais qui est capable de venir en avant, de maîtriser et de transformer l’action du mental, de la vie et du corps. »


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P. 81. « Le psychique influence la conscience par derrière, mais il faut sortir de la conscience ordinaire et entrer dans l’être le plus intérieur pour le trouver et en faire le souverain de la conscience qu’il devrait être. C’est l’un des buts principaux du yoga. »

P. 45. « L’être psychique […]. C’est notre être le plus profond, et il soutient tous les autres : mental, vital, physique, mais il est aussi très voilé par eux et doit agir sur eux comme une influence plutôt que par son droit souverain à agir directement ; son action directe ne devient normale et prépondérante qu’à un stade élevé de développement ou par le yoga. »

Tome 6, p. 130. « […] le centre du cœur (au milieu de la poitrine) […]. »

P. 1. « Les hommes ne se connaissent pas eux-mêmes et n’ont pas appris à distinguer les différentes parties de leur être ; d’ordinaire, ils les réunissent en bloc sous le nom de mental, parce que c’est par la voie d’une perception et d’une compréhension mentales ou mentalisées qu’ils les connaissent ou les sentent. C’est pourquoi ils ne comprennent pas leurs propres états de conscience, leurs propres actions, ou en tout cas ils ne les comprennent que superficiellement. Devenir conscient de la grande complexité de notre nature, voir les différentes forces qui la font mouvoir, établir sur elle le contrôle de la connaissance directrice, sont autant d’éléments fondamentaux du yoga. »

P. 46. « Quand la connaissance la plus profonde commence à apparaître, nous devenons conscients de l’être psychique en nous, il vient au premier plan et conduit la sâdhanâ. »

P. 90. « Il y a toujours deux consciences différentes dans l’être humain, l’une extérieure dans laquelle il vit ordinairement, l’autre intérieure et cachée dont il ne sait rien. Quand on fait la sâdhanâ, la conscience intérieure commence à s’ouvrir et on devient capable d’aller au-dedans et d’y avoir toutes sortes d’expériences. À mesure que la sâdhanâ progresse, on commence à vivre de plus en plus dans cet être intérieur et l’être extérieur devient de plus en plus superficiel. […] On perçoit alors deux consciences, l’une intérieure, l’autre extérieure qui doit être changée en homologue et instrument de la première – […]. »

P. 91. « Certains sâdhak ‑ la plupart ‑ pénètrent d’abord dans le vital intérieur, d’autres dans le mental intérieur ou le physique intérieur ; le vital émotionnel est la route la plus directe, car le siège du psychique est juste derrière l’émotionnel dans le centre du cœur. Il est absolument nécessaire pour atteindre le but de devenir conscient dans ces régions intérieures, car si elles ne sont pas éveillées, l’être psychique ne possède pas les instruments appropriés et suffisants pour ses activités ; il n’a alors comme moyens d’action que le mental extérieur, le vital extérieur et le corps, et ceux-ci sont trop petits, trop étriqués et obscurs. »

P. 94. « La conscience extérieure est celle qui s’exprime habituellement dans la vie ordinaire. C’est le mental, le vital, le physique extérieurs. Elle n’est pas reliée très étroitement avec l’être intérieur, sauf chez quelques-uns, jusqu’au moment où l’on établit le contact entre eux au cours de la sâdhanâ. »

P. 95. « La conscience extérieure est enfermée dans les limites du corps et dans le petit brin de mental et de sens personnels qui dépend du corps ‑ elle ne voit que l’extérieur, que les objets. Mais la conscience intérieure peut voir derrière la chose, elle perçoit le jeu des forces, personnelles ou universelles ‑ car elle est en contact conscient avec l’action universelle. »

P. 111. « Le mental intérieur est celui qui s’étend derrière le mental de surface (notre mentalité ordinaire) et dont on ne peut avoir l’expérience directe (en dehors de ses vrittii  57 dans le mental de surface comme la philosophie, la poésie, l’idéalisme, etc.) que par la sâdhanâ, en rompant avec l’habitude de rester à la surface et en allant plus profondément au-dedans. » « 57. Fonctionnement des qualités mentales et morales. »

P. 68. « La partie psychique en nous est quelque chose qui vient directement du Divin et qui est en contact avec le Divin. Dans son origine, c’est le noyau fécond en possibilités divines qui sert d’appui à cette triple manifestation inférieure du mental, de la vie et du corps. Cet élément divin est là dans tous les êtres vivants, mais il se tient caché derrière la conscience ordinaire ; au début, il n’est pas développé et même lorsqu’il l’est, il n’est pas toujours ou pas souvent au premier plan ; il s’exprime au moyen de ses instruments et selon leurs limites, dans la mesure où leur imperfection le lui permet. Il grandit dans la conscience par l’expérience qui mène vers le Divin ; il prend de la force chaque fois qu’il y a en nous un mouvement supérieur et enfin, par l’accumulation de ces mouvements plus profonds et plus élevés, une individualité psychique se forme ‑ celle que nous appelons généralement l’être psychique. C’est toujours cet être psychique qui, en réalité, bien que souvent d’une façon voilée, pousse l’homme à se tourner vers la vie spirituelle, et qui devient alors sa plus grande aide. Par conséquent, c’est cela, dans le yoga, que nous devons amener en avant. »

P. 56. « Le psychique est une étincelle venue du Divin qui est en toutes choses et, à mesure que l’individu évolue, elle croît en lui et se manifeste en tant qu’être psychique, en tant qu’âme qui cherche toujours le Divin et la Vérité et répond au Divin et à la Vérité chaque fois et partout où elle les rencontre. »

P. 61. « […] au début, la quête de l’être inférieur est intermittente et étouffée par l’obscurité et les limitations de la conscience ordinaire. Par la sâdhanâ, elle doit devenir claire, constante, forte et persistante ; elle force alors la réalisation, la rend inévitable. »

Tome 4, p. 120. « Quand l’âme est au premier plan, on reçoit toujours du dedans la bonne indication de ce qu’il faut faire, de ce qu’il faut éviter, de ce qui est faux et de ce qui est juste dans la pensée, le sentiment, l’action. Mais cette indication intérieure émerge de plus en plus, à mesure que la conscience se fait de plus en plus pure. »


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P. 44. « L’être central est l’être qui préside aux naissances successives, mais il est lui-même non-né, car il ne descend pas dans l’être, mais se tient au-dessus de lui ; il assure la cohésion de l’être mental, vital et physique, et de toutes les parties diverses de la personnalité ; il dirige la vie soit par l’intermédiaire de l’être mental, de la pensée et de la volonté mentales, soit par l’intermédiaire du psychique, selon que l’un ou l’autre se trouve plus en avant ou plus puissant dans la nature. S’il n’exerce pas son autorité, la conscience est dans un grand désordre et chaque partie de la personnalité agit pour son propre compte, de sorte qu’il n’y a aucune cohérence dans la pensée, le sentiment ou l’action. »

P. 45. « L’être central ‑ le jîvâtman qui ne naît pas, n’évolue pas, mais préside à la naissance de l’individu et à son évolution ‑émane un représentant de lui-même sur chaque plan de la conscience. Sur le plan mental, c’est l’être mental véritable, manômaya pourousha ; sur le plan vital, c’est l’être vital véritable, prânamaya pourousha ; sur le plan physique, l’être physique véritable, annamaya pourousha. Chaque être, tant que persiste l’Ignorance, est par conséquent centré autour de son pourousha mental, vital ou physique selon le plan sur lequel il vit principalement, et c’est pour lui son être central. Mais le vrai représentant est tout le temps caché derrière le mental, le vital et le physique : c’est le psychique, notre être le plus profond. »

P. 61. « Le jîvâtman, l’étincelle de l’âme et l’être psychique sont trois formes différentes d’une même réalité et il ne faut pas les confondre, car cela brouille la clarté de l’expérience intérieure.
Le jîvâtman ou "spirit" [esprit], comme on l’appelle généralement en anglais, existe en soi au-dessus de l’être manifesté ou instrumental ‑ il est au-delà de la naissance et de la mort, toujours le même, Moi individuel ou Âtman. C’est l’être véritable, éternel, de l’individu.L’âme est une étincelle du Divin ; elle ne se tient pas au-dessus de l’être manifesté, mais descend dans la manifestation afin de soutenir son évolution dans le monde matériel. C’est tout d’abord un pouvoir indifférencié de la Conscience divine qui contient toutes les possibilités encore sans forme, mais auxquelles l’évolution a pour fonction de donner une forme. Cette étincelle est présente dans tous les êtres vivants, du plus bas au plus élevé.
L’être psychique est formé par l’âme au cours de son évolution. Il soutient le mental, le vital, le corps, croît par leurs expériences, porte la nature de vie en vie. »

P. 58. « Le jîvâtman […] n’a ni forme, ni couleur fixe, bien qu’il puisse se représenter lui-même sous une forme. »

P. 43. « Le moi, Âtman, est dans sa nature soit transcendant, soit universel (Paramâtmâ, Âtmâ). Quand il s’individualise et devient un être central, alors il est le jîvâtman. Le jîvâtman sent à la fois son unité avec l’universel et sa séparation centrale en tant que parcelle du Divin. »

P. 64. « Le moi individuel est habituellement décrit comme une parcelle du Transcendant et du Moi cosmique – […]. »

P. 56. « L’Esprit est l’Âtman, Brahman, le Divin essentiel.
Quand l’Un Divin manifeste la multiplicité toujours inhérente en lui, ce Moi essentiel, ou Âtman, devient, pour cette manifestation, l’être central qui d’en haut préside à l’évolution de ses personnalités et de ses vies terrestres ici-bas, mais il est lui-même une parcelle éternelle du Divin et est antérieur à la manifestation terrestre, parâ prakritir jîvabhoûtâ.
Dans la manifestation inférieure, apârâ prakriti, cette parcelle éternelle du Divin se manifeste en tant qu’âme ‑ étincelle du Feu divin ‑ qui sert d’appui à l’évolution individuelle et soutient l’être mental, vital et physique. L’être psychique est l’étincelle qui grandit et devient un Feu, qui évolue avec le développement de la conscience. L’être psychique est par conséquent évolutif et non, comme le jîvâtman, antérieur à l’évolution.
Mais l’homme n’a pas conscience du moi ou jîvâtman, il n’a conscience que de son ego, ou de l’être mental qui dirige la vie et le corps. Pourtant, en allant plus profondément, il peut prendre conscience de son âme ou être psychique comme de son centre véritable, le Pourousha dans le cœur. Le psychique est l’être central dans l’évolution, il émane du jîvâtman, parcelle éternelle du Divin, et le représente. Dans l’état de pleine conscience, le jîvâtman et l’être psychique se joignent. »

P. 60. « […] l’être psychique réalise son unité avec l’être vrai, le Moi, mais il ne se fond pas, il ne se transforme pas non plus en lui ; il subsiste comme un instrument de son expression psychique et spirituelle, une divine manifestation dans la Nature. »

P. 83. « L’être mental au-dedans surveille, observe et juge tout ce qui se passe en nous. Le psychique ne surveille pas et n’observe pas de la sorte, comme un témoin, mais il sent et il sait spontanément d’une manière beaucoup plus directe et plus lumineuse, par la pureté même de sa propre nature et par l’instinct divin qui est en lui, et ainsi, dès qu’il passe au premier plan, il révèle immédiatement les mouvements justes et les mouvements faux dans notre nature.
L’être humain est composé des éléments suivants : en arrière, le psychique qui soutient tout ; puis le mental, le vital et le physique internes ; et à l’extérieur, l’instrument par lequel ceux-ci s’expriment : la nature tout à fait extérieure du mental, de la vie et du corps. Mais au-dessus de tous ces éléments, se tient l’être central (jîvâtman) qui les utilise tous pour se manifester ‑ c’est une parcelle du Moi divin ; or, cette réalité de lui-même reste cachée à l’homme extérieur qui remplace cette âme ou moi profond par l’ego mental et vital. Seuls ceux qui ont commencé à se connaître eux-mêmes, prennent conscience de leur être central véritable, et pourtant il est toujours là, présent derrière l’action du mental, de la vie et du corps, et c’est le psychique qui le représente le plus directement car il est lui-même une étincelle du Divin. C’est par la croissance de l’élément psychique dans notre nature que nous commençons à entrer consciemment en contact avec notre être central au-dessus. Quand ce contact se produit et que l’être central fait usage d’une volonté consciente pour contrôler et organiser les mouvements de la nature, alors on possède une maîtrise de soi réelle, spirituelle, au lieu d’une maîtrise partielle, purement mentale ou morale 45. » « 45. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »


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P. 65. « C’est l’être individuel qui est une parcelle du Divin. Le moi universel ou Âtman, qui est le même en tous, n’est pas une parcelle, mais un aspect du Divin. »

P. 65. « Le moi est le Divin lui-même dans un aspect essentiel ; ce n’est pas une parcelle. L’expression "pas même une parcelle" ou "seulement un aspect" n’a pas de sens. Un aspect n’est pas inférieur à une parcelle. »

P. 65. « Le Divin est plus que l’Âtman. Il est aussi la Nature. Il contient tout en Lui. »

P. 55. « Vivre dans la conscience de l’Âtman, c’est vivre dans le calme de l’unité et de la paix qui se tient au-dessus des choses, séparé du monde bien qu’il le pénètre de toutes parts. Mais pour la conscience psychique il y a deux choses : le monde, et elle-même agissant dans le monde. Le jîvâtman n’est pas descendu dans le monde, il se tient au-dessus, toujours le même, soutenant les différents êtres : mental, etc., qui agissent ici-bas. Le psychique est ce qui est descendu ici-bas ; sa fonction est d’offrir toutes choses au Divin pour qu’elles soient transformées. »


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P. 12. « J’appelle Réalité supracosmique le Satchidânanda Suprême qui est au-dessus de cette manifestation-ci et de toutes les manifestations, qui n’est lié par aucune, et de qui procèdent cependant toute manifestation et tout univers. »

P. 8. « Satchidânanda (sat‑chit‑ânanda) est l’Un sous un triple aspect. Dans le Suprême, les trois ne sont pas trois mais un l’existence (sat) est conscience (chit), et la conscience est béatitude (ânanda) ; ainsi les trois sont inséparables, et non seulement inséparables mais tellement l’un l’autre qu’ils ne sont aucunement distincts l’un de l’autre. Sur les plans supérieurs de la manifestation, ils deviennent trois en un ; bien qu’ils restent inséparables, l’un des trois peut devenir prédominant et servir de base aux autres ou les diriger. En dessous, sur les plans inférieurs, ils deviennent séparables en apparence, sans l’être cependant en leur réalité secrète ; et dans le monde phénoménal, l’un peut exister sans les autres, si bien que nous percevons ce qui nous paraît être une existence inconsciente ou douloureuse, ou une conscience sans Ânanda. En fait, sans cette séparation des trois aspects dans notre expérience, la douleur, l’ignorance, le mensonge, la mort et ce que nous appelons l’inconscience, n’auraient pas pu se manifester, et cette évolution d’une conscience limitée et souffrante sortant de la nescience universelle de la matière n’aurait pas pu avoir lieu 2. » « 2. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »


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P. 21. « Je ne pense pas qu’il soit toujours possible d’établir des corrélations exactes entre un système de connaissance spirituelle et occulte et un autre. Tous utilisent le même matériau, mais les points de vue et les horizons diffèrent, il y a des divergences dans les conceptions mentales de ce qu’on voit et de ce qu’on expérimente, des objectifs pragmatiques divers et, par conséquent, les sentiers relevés, tracés ou suivis sont différents ; les systèmes varient, chacun construit son propre schéma et sa propre technique.
Dans le système de l’Inde antique il n’y a qu’une Trinité céleste, Satchidânanda. Ou si, par hémisphère supérieur, vous entendez l’univers céleste, il y en a trois, le plan de Sat, le plan de Chit et le plan d’Ânanda. On pourrait y ajouter un quatrième, le supramental, puisqu’il procède des trois autres et appartient à l’hémisphère supérieur. Les systèmes indiens ne faisaient pas la distinction entre deux pouvoirs et niveaux de conscience tout à fait différents, l’un que nous pouvons appeler surmental et l’autre qui est le vrai supramental ou Gnose Divine. C’est la raison pour laquelle ils se sont trompés au sujet de Mâyâ (Force surmentale ou Vidyâ-Avidyâ) et l’ont prise pour le pouvoir créateur suprême. En s’en tenant à ce qui n’était encore qu’une demi-lumière, ils ont perdu le secret de la transformation, même si les yoga vishnouïtes et tantriques ont tâtonné pour le retrouver et ont été parfois sur le point de réussir. Au reste, cela a été, je crois, la pierre d’achoppement de toutes les tentatives menées pour découvrir la Vérité divine dynamique ; je n’en connais aucune qui n’ait imaginé, sitôt qu’elle sentait descendre les clartés surmentales, que c’était la véritable illumination, la Gnose, de sorte qu’elle s’arrêtait là et ne pouvait aller plus loin, ou encore en tirait la conclusion que cela aussi n’était que Mâyâ ou Lîlâ, et que la seule chose à faire était de passer au-delà dans quelque silence immuable et inactif du Suprême. »


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P. 10. « Le Satchidânanda suprême et supracosmique est au-dessus de tout. Le Supramental peut être décrit comme son pouvoir de perception de soi et de perception du monde, le monde étant connu comme étant en lui et non en dehors de lui. Ainsi pour vivre consciemment dans le Satchidânanda suprême, on doit passer par le supramental. »

P. 12. « 2. Le supramental et le supracosmique ne sont pas la même chose. S’il en était ainsi, il ne pourrait pas y avoir de monde supramental ni de descente du principe supramental dans le monde matériel ; nous serions ramenés à l’idée que la Vérité et la Réalité divines ne peuvent exister qu’au-delà, et que l’univers ‑ n’importe quel univers ‑ ne peut être qu’une demi-vérité ou une illusion de l’ignorance.
3. J’appelle supramental la Conscience-de-Vérité, qu’elle soit dans l’univers ou au-dessus, par laquelle le Divin connaît non seulement sa propre essence et son être, mais aussi sa manifestation. Son caractère fondamental est la connaissance par identité : par elle le Moi est connu, le Satchidânanda est connu, mais aussi la vérité de la manifestation est connue, parce qu’elle aussi est Cela ‑ sarvam khalvidam brahma 5, vâsoudévah sarvam 6, etc. » « 5. En vérité tout ce qui est, est Brahman (Chândoukiya Oupanishad, 5.14.1). » « 6. Le Divin est Tout (Guîtâ, 7.19). »

P. 30. « Le terme supramental désigne la pleine Conscience-de-Vérité de la Nature divine dans laquelle le principe de division et d’ignorance ne peut trouver place ; c’est toujours une pleine lumière et une pleine connaissance supérieures à toute substance mentale, à tout mouvement mental. Entre le supramental et le mental humain se situent un certain nombre de domaines, de plans ou de zones de conscience ‑ on peut les considérer de diverses manières ‑ dans lesquels l’élément ou la substance du mental, et par conséquent ses mouvements aussi, deviennent de plus en plus illuminés, puissants, vastes. Le surmental est le plus haut de ces domaines ; il est plein de lumières et de pouvoirs ; mais du point de vue de ce qui est au-dessus de lui, c’est la frontière où l’âme se détourne de la connaissance complète et indivisible et commence sa descente vers l’Ignorance. Car bien qu’il procède de la Vérité, c’est en lui que commence la séparation des aspects de la Vérité, des forces et de leurs résultats, comme s’il s’agissait de vérités indépendantes, et c’est un processus qui aboutit, à mesure que l’on descend vers le Mental ordinaire, la Vie et la Matière, à une division, une fragmentation, une séparation complète de la vérité indivisible au-dessus. Il n’y a plus cette connaissance essentielle, totale, parfaitement harmonisatrice et unificatrice, ou plutôt cette connaissance à jamais harmonieuse parce qu’à jamais une qui caractérise le supramental. Dans le supramental, les divisions et les oppositions mentales cessent d’exister, les problèmes créés par notre mental de division et de fragmentation disparaissent et la Vérité est vue comme un tout lumineux. Dans le surmental, ce n’est pas encore la véritable chute dans l’Ignorance, mais le premier pas est fait qui rendra la chute inévitable. »


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P. 31. « Le supramental est la Vérité Unique déployant et définissant la manifestation de ses Pouvoirs ; tous ces Pouvoirs agissent comme une Unité multiple, en harmonie, sans opposition ni conflit, selon l’Unique Volonté inhérente à tous. Le surmental s’empare de ces Vérités et de ces Pouvoirs et les met en œuvre comme si chacun était en lui-même une force, avec les conséquences que cela implique : il peut y avoir une harmonie dans leur action, mais elle est synthétique et surtout partielle plutôt qu’inhérente et inévitable, et à mesure que l’on descend du surmental le plus élevé, la séparation, les heurts et les conflits entre les forces augmentent, la possibilité de séparation domine, l’ignorance croît, l’existence devient un conflit de possibilités qui s’entrechoquent, un mélange de demi-vérités discordantes, une énigme, un rébus non résolu et apparemment insoluble. »

P. 79. « Les plans supérieurs juste au-dessus de la tête ne sont […] pas la Vérité absolue ; celle-ci, vous ne la trouverez que dans le supramental. »

Tome 1, p. 22. « Seul le supramental est toute-connaissance. Au-dessous, tout, du surmental à la Matière, est Ignorance ‑ une Ignorance qui s’élève de niveau en niveau vers la pleine connaissance. Au-dessous du supramental il peut y avoir une connaissance mais ce n’est pas la toute-connaissance. »

Tome 1, p. 22. « Je n’ai pas dit que tout est mensonge sauf la Vérité supramentale. J’ai dit qu’il n’y a pas de Vérité complète en-dessous de la Vérité supramentale. Dans le surmental, la Vérité du supramental, qui est totale et harmonieuse, se fragmente en parties, de nombreuses vérités s’affrontent, et chacune est poussée à s’accomplir, à fabriquer un monde à elle ou encore à prédominer ou à s’approprier sa part dans des monde faits d’une combinaison de Vérités et de forces de Vérité diverses et séparées. Plus bas dans l’échelle, la fragmentation devient de plus en plus prononcée, jusqu’à permettre un erreur positive, un mensonge, une ignorance, et finalement une inconscience, comme celle de la Matière. Ce monde-ci est donc sorti de l'Inconscience et a élaboré le Mental qui est un instrument de l’Ignorance s’efforçant d’atteindre la Vérité à travers toutes sortes de limitations, de conflits, de confusions et d’erreurs. Retourner au surmental, si on peut le faire complètement, ce qui n’est pas facile pour des êtres physiques, revient à se tenir aux frontières de la Vérité supramentale avec l’espoir d’y entrer. »


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P. 92. « La conscience supérieure est celle qui se tient au-dessus du mental ordinaire et en diffère dans son fonctionnement ; elle va du mental supérieur, par le mental illuminé, l’intuition et le surmental, jusqu’à la frontière du supramental. »


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P. 32. « […] surmental […] saisit divers aspects du Divin et les sépare en des entités distinctes. Il divise ainsi Sat, Chit et Ânanda qui deviennent alors trois aspects séparés, différents l’un de l’autre. En fait, dans la Réalité, il n’y a pas de séparation : les trois aspects sont si fondus l’un dans l’autre, si inséparablement un qu’ils sont une seule réalité indivise. »

P. 35. « C’est dans le Surmental que prennent naissance tous les arrangements divers de la Vérité créatrice des choses. Du Surmental, ils descendent à l’Intuition, d’où ils sont transmis au Mental illuminé et au Mental Supérieur afin d’y être adaptés à notre compréhension. Mais au cours de cette transmission et à mesure qu’ils descendent vers les niveaux inférieurs, ils perdent de plus en plus leur pouvoir et leur certitude. Dans le mental humain, ils perdent ce qu’ils possédaient d’énergie de Vérité directement perçue ; car à l’intellect, ils se présentent seulement comme des considérations spéculatives et non comme une Vérité éprouvée, non comme une vue directe ou comme une vision dynamique jointe à une expérience concrète et indéniable 17. » « 17. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »

P. 22. « Le Surmental se trouve au sommet de l’hémisphère inférieur, et on doit traverser et dépasser le surmental, si l’on veut atteindre le supramental, alors qu’au-dessus et au-delà du supramental se trouvent les mondes du Satchidânanda. »

P. 36. « Ce n’est pas si simple ‑ mais il [le surmental] peut, pour plus de commodité, être divisé en quatre plans : le surmental mental et les trois dont vous parlez (surmental intuitif, surmental vrai et surmental supramental), mais il y a bien d’autres zones à l’intérieur de chacun, et chacune de ces zones peut être considérée en elle-même comme un plan. »

P. 35. « Le surmental a différents plans. L’un est mental, créateur direct de toutes les formations qui se manifestent au-dessous dans le monde mental : c’est le surmental mental. Au-dessus est l’intuition surmentale. Encore au-dessus sont les plans du surmental qui sont reliés de plus en plus étroitement au supramental et sont d’un caractère partiellement supramental. Au sommet des plans du surmental est le surmental supramental ou gnose surmentale. »

P. 33. « Il n’est guère possible de dire ce qu’est le supramental dans le langage du Mental, même du Mental spiritualisé, car il est une conscience tout à fait différente et agit d’une manière différente. Tout ce qu’on peut en dire sera vraisemblablement incompris ou mal compris. Ce n’est qu’en le devenant que nous pouvons savoir ce qu’il est, et cela aussi ne peut se faire qu’après un long processus par lequel le mental, s’élevant et s’illuminant, devient Intuition pure (non cette chose mélangée qu’on nomme ordinairement ainsi) et s’agglomère pour devenir le surmental ; ensuite le surmental peut être soulevé jusqu’au supramental et s’en infuser jusqu’à ce que s’opère sa transformation.
Dans le supramental, tout se connaît par sa propre lumière, il n’y a ni divisions, ni oppositions, ni aspects séparés comme dans le mental dont le principe consiste à diviser la Connaissance en parties et à opposer toutes les parties entre elles. Le surmental s’en approche à son sommet et est souvent pris à tort pour le supramental, mais il ne peut l’atteindre sauf par l’élévation et la transformation. »

P. 87. « Il n’y a pas de Mensonge dans le surmental. Le surmental fait partie de l'Ignorance, en ce sens qu’il est la connaissance la plus haute que puisse atteindre l'Ignorance, mais cette connaissance est encore divisée et ne peut donc connaître que des parties ou des aspects de la Vérité ; elle n’est pas la connaissance intégrale. C’est pour cette raison qu’elle peut être mal utilisée et transformée en mensonge par le Mental. »


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P. 39. « La connaissance mentale intuitive attrape directement un aspect de la vérité, mais sans qu’il soit en rien complet ni certain, et l’intuition se mêle facilement à une substance mentale ordinaire qui peut être erronée ; dans son application, elle se laisse facilement traduire en une demi-vérité ou alors être mal interprétée et mal appliquée au point de devenir une erreur. De plus, le mental imite aisément l’intuition d’une manière qui rend difficile la distinction entre une véritable intuition et une fausse. C’est la raison pour laquelle les intellectuels se méfient de l’intuition mentale et disent que ses suggestions ne peuvent être adoptées ou suivies à moins d’avoir été mises à l’épreuve et confirmées par l’intellect. Ce qui vient de l’intuition surmentale contient une lumière, une certitude, une force efficace de Vérité que le mental intuitif n’a pas, même dans les meilleures conditions. »

P. 39. « L’Intuition voit la vérité des choses par un contact intérieur direct, non pas, comme l’intelligence mentale ordinaire, en tâtonnant à la recherche de contacts indirects par les sens, etc. Mais l’Intuition est limitée, par comparaison au supramental, en ce qu’elle voit les choses par éclairs, point par point, non comme une totalité. De plus, en entrant dans le mental, elle se mêle au mouvement mental et forme une sorte d’activité mentale intuitive qui n’est pas la vérité pure, mais quelque chose d’intermédiaire entre la Vérité supérieure et la recherche mentale. »

Tome 5, p. 83. « L’intuition est en contact direct avec la Vérité supérieure, mais ce contact n’est pas intégral. Elle reçoit la Vérité par éclairs et change en intuitions – en idées intuitives – ces perceptions fulgurantes de la Vérité. Les idées qui proviennent de l’Intuition vraie sont toujours justes dans leur domaine, mais lorsque l’Intuition se trouve diluée dans la substance mentale ordinaire, sa vérité se mêle d’erreur. »

Tome 5, p. 83. « Le surmental reçoit la Vérité divine et la disperse en formations variées, en jeux de forces divers, construisant ainsi, par cette dispersion, des mondes différents.
Dans l’Intuition, la Connaissance est une Vérité qui n’est pas, par nature, globale et totale ; c’est une vérité qui surgit en autant de points, de contours d’éclairs, qui se tient derrière la Connaissance et lui fournit ses perceptions directes. »

Tome 5, p. 82. « […] l’intuition est le pouvoir le plus élevé que puisse atteindre l’individu incarné sans s’universaliser. Lorsqu’il s’universalise, il devient capable d’entrer en contact avec le surmental. »

P. 38. « L’Intuition est le premier plan où il y ait une réelle ouverture à la pleine possibilité de réalisation ‑ c’est à travers elle que l’on va plus loin : d’abord au surmental et ensuite au supramental. »

Tome 5, p. 81. « Le mental intuitif ne reçoit pas de contact direct du supramental. Au-dessus de lui se trouve le surmental, où l’intuition est plus haute et plus grande ; au-dessus encore, ce sont les régions supramentales. »

P. 39. « L’Intuition […] peut aider la conscience à franchir une sorte d’étape de transition, et c’est là pratiquement sa fonction. »

Tome 5, p. 78. « Lorsqu’on s’élève […]. […] ce qui, dans le Mental supérieur, est connaissance par la pensée, devient illumination dans le Mental illuminé et vision intime et directe dans l’Intuition. L’Intuition voit par éclairs et ses combinaisons se font par un jeu constant de lumière, par révélations, inspirations, intuitions, discernements rapides. »

Tome 5, p. 81. « On peut recevoir des intuitions, des communications venant du plan de l’Intuition, même si l’ego existe encore, mais on ne peut pas vivre dans l’immensité de l’Intuition en conservant la limitation de l’ego. »

Tome 5, p. 82. « Pour vivre dans le plan de l’Intuition (et pas seulement recevoir des intuitions), il faut vivre dans la conscience cosmique, parce qu’en elle le cosmique et l’individuel se fondent pour ainsi dire l’un dans l’autre et la séparation mentale entre eux a été abolie ; nul ne peut donc atteindre ce plan s’il est encore dans l’ego séparateur. »

Tome 5, p. 82. « Pour vivre dans le plan de l’Intuition, il faut d’abord être ouvert à la conscience cosmique et vivre d'abord dans le Mental supérieur et illuminé, et tout contempler de là. Pour recevoir sans cesse l’Intuition d’en haut, ce n’est pas nécessaire ; il suffit de […]. »


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P. 38. « L’Intuition est au-dessus du Mental illuminé, […]. »

P. 38. « […] Mental illuminé […] est simplement le Mental supérieur élevé à une plus grande luminosité et davantage ouvert aux formes modifiées de l’intuition et de l’inspiration. »

Tome 5, p. 79. « Dans le mental illuminé, on trouve déjà une lumière, une énergie et un Ânanda de connaissance particuliers qui croissent à mesure que l’on s’élève vers les degrés supérieurs, ou à mesure que la connaissance vient de sources de plus en plus hautes. Dans le mental illuminé la lumière, etc., demeure diluée et diffuse ; sur les plans supérieurs, elle devient de plus en plus intense, clairement définie, dynamique et efficace, au point de changer constamment la nature et le pouvoir de la connaissance. »


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Tome 5, p. 79. « La substance de la connaissance est identique sur tous les plans "au-dessus de la tête", mais le mental supérieur ne donne que la forme et la substance de cette connaissance dans la pensée et les mots. »

Tome 5, p. 78. « Lorsqu’on s’élève […]. […] ce qui, dans le Mental supérieur, est connaissance par la pensée, devient illumination dans le Mental illuminé et vision intime et directe dans l’Intuition. »

P. 111. « Le Mental supérieur est l’un des plans du mental spirituel, le premier et le plus bas ; il se situe au-dessus du niveau mental ordinaire. »

Tome 5, p. 80. « À mesure que la pensée s’élève dans l’échelle, elle cesse d’être intellectuelle, devient illuminée puis intuitive, puis surmentale et finit par […]. »


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P. 50. « J’ai dit que l’ascension au-dessus de la tête n’est pas indispensable aux objectifs spirituels habituels, mais elle est indispensable aux objectifs de notre yoga. Car le but est de devenir conscient de tout l’être, de le libérer, de le transformer et de l’unifier dans la lumière d’une Conscience-de-Vérité qui est au-dessus et ne peut être atteinte s’il n’y a pas de mouvement entièrement tourné vers l’intérieur, s’il n’y a pas de mouvement qui transcende et se tourne vers le haut. D’où la complexité de tous mes exposés psychologiques pris comme un ensemble ; celui-ci n’est pas nouveau dans son essence, car on en trouve une grande partie dans les Oupanishad et ailleurs ; il l’est par le caractère complet de sa formulation d’ensemble et par ses développements orientés vers un yoga intégral. »
(Note de l’auteur de la présente classification des extraits : Cela fut écrit avant la « première manifestation de la Lumière-Force supramentale dans l’atmosphère de la terre » du 29 février 56. Entretiens de 56, p. 97.)

P. 67. « […] une fois établie la liaison entre le Supramental et la conscience humaine, c’est l’être psychique qui est le plus prompt à répondre ‑ plus prompt que le mental, le vital ou le physique. On peut ajouter que sa réponse est aussi plus pure ; le mental, le vital et le physique peuvent permettre à d’autres choses de se mêler à leur réception de l’influence supramentale, et de gâcher ainsi sa vérité. La réponse du psychique est pure et ne permet pas un tel mélange.
Le changement supramental ne peut se produire que si le psychique est éveillé et devient le principal soutien du pouvoir supramental qui descend. »


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P. 31. « Si le Supramental ne devait pas nous donner une vérité plus grande et plus complète qu’aucune de celles des plans inférieurs, cela ne vaudrait pas la peine de chercher à l’atteindre. Chaque plan possède ses propres vérités. Quelques-unes cessent d’être vraies sur un plan plus élevé ; le désir et l’ego, par exemple, sont des vérités de l’Ignorance mentale, vitale et physique ; à ce niveau, un homme sans ego ni désir serait un automate tamasique. Lorsque nous montons plus haut, l’ego et le désir n’apparaissent plus comme des vérités ; ce sont des mensonges qui défigurent la personne véritable et la volonté véritable. La lutte entre les Puissances de Lumière et les Puissances des Ténèbres est une vérité ici-bas ; mais à mesure que nous nous élevons, elle perd de sa vérité, et dans le Supramental elle n’en a plus du tout. D’autres vérités subsistent, mais changent de caractère et d’importance, de place dans l’ensemble. La différence ou le contraste entre le Personnel et l’Impersonnel est une vérité du surmental (Overmind) : dans le Supramental (Supermind), ces aspects n’ont pas de vérité séparée, ils sont un, inséparablement. Mais celui qui n’a pas maîtrisé ni vécu les vérités du surmental ne peut pas atteindre à la Vérité supramentale. L’orgueil incompétent de l’intellect humain établit des distinctions tranchantes ; il veut s’élancer d’un seul bond vers la plus haute vérité, quelle qu’elle soit, et appeler tout le reste mensonge ‑ mais c’est une erreur ambitieuse et arrogante. On doit gravir l’échelle en posant le pied fermement sur chaque échelon si l’on veut arriver au sommet 14. » « 14. Lumières sur le Yoga, chapitre 1. Traduction de la Mère. »

P. 35. « Le surmental a différents plans. L’un est mental, créateur direct de toutes les formations qui se manifestent au-dessous dans le monde mental : c’est le surmental mental. Au-dessus est l’intuition surmentale. Encore au-dessus sont les plans du surmental qui sont reliés de plus en plus étroitement au supramental et sont d’un caractère partiellement supramental. Au sommet des plans du surmental est le surmental supramental ou gnose surmentale. Mais cela, vous ne pouvez pas le comprendre avant d’avoir une expérience plus haute. Cela ne vous est pas accessible actuellement. Seuls ceux qui sont entrés pleinement dans la conscience cosmique peuvent comprendre, et même ceux-là n’en sont pas capables au début. Il faut d’abord avoir pleinement l’expérience du mental supérieur, du mental illuminé et de l’intuition avant que ce soit possible. »

P. 38. « Ce qu’il appelle surmental, ce sont probablement les premières zones de la conscience au-dessus du mental. Ou peut-être s’agit-il des expériences venues des régions plus vastes du Mental ou du Vital. Pour le mental humain, celles-ci sont si grandes qu’il est facile de les prendre pour le surmental ou même le supramental. On peut recevoir des contacts indirects du surmental si l’on s’ouvre à la conscience cosmique, et mieux encore si l’on entre librement dans cette conscience. L’expérience directe du surmental ne peut venir que si une partie au moins de l’être est fermement établie dans l’immensité et la paix. »

P. 34. « C’est (parfois directement, parfois indirectement) par le pouvoir du surmental libérant le mental de ses cloisonnements étroits que la conscience cosmique s’ouvre dans le chercheur et qu’il commence à percevoir l’esprit cosmique et le jeu des forces cosmiques.
C’est à partir du plan surmental, ou du moins à travers lui, que se fait l’aménagement préalable, originel, des choses de ce monde, car c’est lui qui est à l’origine des vibrations déterminantes. Mais il y a des mouvements correspondants sur tous les plans : le mental, le vital, le physique même, et il est possible, dans un état très clair et illuminé de la conscience inférieure, de commencer à percevoir ces mouvements, de comprendre le schéma des choses, d’être un instrument conscient ou même, dans une mesure limitée, une Volonté ou une Force déterminante. Mais la substance des plans inférieurs se mêle toujours aux forces du surmental quand elles descendent et diminue ou même falsifie et pervertit leur vérité et leur pouvoir.
Il est même possible au surmental de transmettre aux plans inférieurs de conscience un reflet de la Lumière supramentale ; mais tant que le supramental ne se manifeste pas directement, sa Lumière est modifiée dans le surmental même, et plus encore dans l’application qui en est faite, par les besoins, les exigences, les possibilités limitées de la nature individuelle. L’effet de cette Lumière amoindrie et modifiée, par exemple dans la purification du physique, ne peut pas être immédiat et absolu comme le serait l’action pleine et directe du supramental ; il est encore relatif, subordonné à la nature individuelle et à l’équilibre des forces universelles ; les pouvoirs adverses y résistent, la perfection de son résultat est contrecarrée par le mauvais vouloir des mécanismes inférieurs qui refusent de cesser de fonctionner, il est limité soit dans son étendue, soit dans son efficacité par l’absence d’un consentement total de la nature physique 16. » « 16. Nouvelles lumières sur le Yoga, chapitre 4. »

P. 37. « La véritable insuffisance du surmental, la limitation qu’il contient et qui a donné naissance à un monde d’ignorance, n’apparaît pleinement que lorsqu’on le regarde à partir de la conscience physique, depuis le résultat (Ignorance dans la Matière) jusqu’à la cause (division surmentale de la Vérité). Sur son propre plan, le surmental semble n’être qu’un jeu divisé, à facettes multiples, de la Vérité, et le Mental peut facilement le prendre pour une région du supramental. Le Mental aussi, quand il est inondé par les lumières du surmental, se sent vivre dans une révélation surprenante de la divine Vérité. La difficulté intervient quand nous avons affaire au vital et plus encore au physique. Il devient alors impératif de faire face à la difficulté et de distinguer nettement entre surmental et supramental ‑ car il est alors évident que le Pouvoir surmental (en dépit de ses lumières et de ses splendeurs) ne suffit pas à surmonter l’Ignorance, parce qu’il subit lui-même la loi de la Division d’où est sortie l’Ignorance. Il faut passer au-delà et supramentaliser le surmental pour que dans le mental et tout le reste puisse s’opérer la transformation finale. »

P. 9. « Seul le Supramental peut transformer la nature inférieure 3. » « 3. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »


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P. 2. « Selon mon expérience, la conscience n’est pas un phénomène dépendant des réactions de la personnalité aux forces de la Nature et réduit à une vision ou à une interprétation de ces réactions. S’il en était ainsi, lorsque la personnalité devient silencieuse et immobile, et qu’elle ne réagit pas, il n’y aurait pas de conscience puisqu’elle ne verrait plus et n’interpréterait plus. Cela est en contradiction avec certaines expériences fondamentales du yoga, par exemple celle d’une conscience silencieuse et immobile s’étendant à l’infini, ne dépendant pas de la personnalité mais impersonnelle et universelle, ne voyant pas et n’interprétant pas les contacts mais consciente d’elle-même dans l’immobilité, ne dépendant pas des réactions mais permanente en soi, même lorsqu’aucune réaction ne se produit. La personnalité subjective elle-même est seulement une formation de conscience qui est un pouvoir inhérent, non à l’activité de la personnalité temporairement manifestée, mais à l’être, au Moi ou Pourousha.
La conscience est une réalité inhérente à l’existence. Elle est là, même quand elle n’est pas active à la surface, mais silencieuse et immobile ; elle est là, même quand elle est invisible à la surface, quand elle ne réagit pas aux objets extérieurs ou y est insensible, mais qu’elle est retirée et active ou inactive au-dedans ; elle est là, même quand elle nous semble tout à fait absente et que l’être paraît à nos yeux inconscient et inanimé.
La conscience n’est pas seulement le pouvoir de se percevoir soi-même et de percevoir les choses, elle est ou possède aussi une énergie dynamique et créatrice. Elle peut déterminer ses propres réactions ou s’abstenir de réagir ; elle peut non seulement répondre aux forces, mais créer des forces ou en émaner. »

P. 3. « Les gradations de la conscience sont des états universels qui ne dépendent pas de la vision de la personnalité subjective ; c’est plutôt la vision de la personnalité subjective qui est déterminée par le niveau de conscience dans lequel elle est organisée, selon la nature de son type ou le stade de son évolution.
Il devient évident que la conscience désigne quelque chose qui est partout essentiellement semblable, mais qui varie en état, en condition et en mode d’action ; en elle, à certains niveaux ou dans certaines conditions, les activités que nous appelons conscience peuvent exister, dans un état soit comprimé, soit inorganisé, soit organisé différemment ; alors que dans d’autres états, certaines autres activités peuvent se manifester qui, en nous, sont réprimées, inorganisées ou latentes, ou encore se manifestent moins parfaitement, sont moins intenses, moins étendues et moins puissantes que dans ces degrés supérieurs à notre limite mentale la plus haute. »

P. 4. « Tout dépend du lieu où la conscience se place et se concentre. Si la conscience se place ou se concentre dans l’ego, vous vous identifiez à l’ego ; si elle se place ou se concentre dans le mental, elle s’identifie au mental et à ses activités, et ainsi de suite. Si la conscience exerce sa pression au dehors, on dit qu’elle vit dans l’être extérieur, qu’elle oublie son mental et son vital intérieurs comme son psychique le plus profond ; si elle va au-dedans, qu’elle y exerce une pression centralisatrice, alors elle se connaît comme l’être intérieur ou, plus profondément encore, comme l’être psychique ; si elle s’élève hors du corps jusqu’aux plans où le moi est naturellement conscient de son immensité et de sa liberté, elle se connaît comme le Moi et non le mental, la vie ou le corps. Toute la différence provient du point où s’exerce cette pression de la conscience. »

P. 5. « La conscience n’a pas besoin d’un "je" clair et individuel pour exercer de diverses façons sa pression centralisatrice : quel que soit le lieu où elle la place, le "je" s’y attache, de sorte qu’on se considère soi-même comme un être mental, un être physique ou n’importe quoi d’autre. La conscience en moi peut s’organiser d’une manière ou d’une autre ; elle peut descendre dans le physique et y travailler sur la nature physique, gardant tout le reste à l’arrière-plan ou au-dessus pendant un certain temps ; ou elle peut monter au-dessus de la tête et se tenir alors au-dessus du mental, de la vie et du corps, les voyant ainsi comme des formes instrumentales inférieures d’elle-même, ou ne les voyant pas du tout, plongée dans le Moi libre et indifférencié ; ou elle peut se jeter dans une conscience cosmique active et dynamique et s’y identifier, ou encore faire toutes sortes d’autres choses sans recourir à cette mouche du coche qui se mêle de tout, à laquelle on accorde beaucoup trop d’importance, et que vous appelez le "je" clair et individuel. Le vrai "je" ‑ si vous tenez à ce mot ‑ n’est pas clair et individuel", il n’est pas un ego séparé, nettement délimité, il est aussi vaste que l’univers et même plus vaste, il peut contenir l’univers en lui, mais ce n’est pas l’Ahamkâr, c’est l’Âtman.
La conscience est un élément fondamental, l’élément fondamental de l’existence ‑ c’est l’énergie, l’impulsion, le mouvement de conscience qui crée l’univers et tout ce qu’il contient : non seulement le macrocosme, mais aussi le microcosme ne sont rien d’autre que de la conscience en train de s’organiser. Par exemple, quand la conscience dans son mouvement ou plutôt dans une certaine intensité de mouvement s’oublie dans l’action, elle devient une énergie apparemment "inconsciente" ; quand elle s’oublie dans la forme, elle devient l’électron, l’atome, l’objet matériel. En réalité, c’est toujours la conscience qui est à l’œuvre dans l’énergie et détermine la forme et l’évolution de la forme. Quand elle veut se libérer de la Matière, lentement, par évolution, mais toujours dans la forme, elle émerge en vie, en animal, en homme, et elle peut continuer à évoluer en sortant plus encore de son involution et devenir quelque chose de plus qu’un homme. Si vous pouvez saisir cela, alors il ne devrait pas vous être très difficile de voir ensuite qu’elle peut se formuler subjectivement en conscience physique, vitale, mentale, psychique ; toutes sont présentes en l’homme, mais comme elles sont toutes mélangées dans la conscience extérieure et que leur état véritable reste à l’arrière-plan dans l’être intérieur, on ne peut devenir pleinement conscient de leur présence qu’en élargissant la limitation imposée à l’origine par la conscience, qui nous fait vivre dans notre être extérieur, en s’éveillant et en se centrant au-dedans sur l’être intérieur. Comme la conscience en nous, lorsqu’elle se concentre ou se place principalement à l’extérieur, doit renvoyer tout cela à l’arrière-plan, derrière un mur ou un voile, elle doit détruire le mur ou le voile et revenir se concentrer dans ces parties intérieures de l’existence ‑ c’est ce que nous appelons vivre au-dedans ; alors notre être extérieur nous paraît petit et superficiel, nous sommes, ou pouvons devenir conscients du royaume intérieur, vaste, riche, inépuisable. En même temps, la conscience en nous a placé un couvercle, un écran ‑ appelez cela comme vous voulez ‑ entre les plans inférieurs du mental, de la vie, du corps soutenus par le psychique, et les plans supérieurs qui contiennent les royaumes spirituels où le moi est toujours libre et sans limite, et elle peut briser ou ouvrir le couvercle, l’écran, monter dans ces plans supérieurs et devenir le Moi libre, vaste et lumineux, ou faire descendre l’influence, le reflet et finalement même la présence et le pouvoir de la conscience supérieure dans la nature inférieure.
C’est donc cela la conscience : elle n’est pas composée de parties, elle est le fondement de l’être et donne elle-même une forme à toutes les parties qu’elle choisit de manifester, en les élaborant depuis le haut vers le bas dans une descente progressive depuis les niveaux spirituels vers l’involution dans la Matière, ou en leur donnant une forme au premier plan, dans un mouvement ascendant, par ce que nous appelons l’évolution. Si elle choisit de travailler en vous à travers le sentiment de l’ego, vous pensez que c’est le "je" clairement délimité qui fait tout ; si elle commence à se libérer de ce fonctionnement limité, vous commencez à étendre votre sentiment du "je" jusqu’à ce qu’il éclate pour devenir infini et n’existe plus, ou vous vous en dépouillez et vous vous épanouissez pour devenir une immensité spirituelle. Évidemment, ce n’est pas là ce que la pensée matérialiste moderne appelle conscience, parce que cette pensée est assujettie à la science et ne voit la conscience que comme un phénomène qui émerge de la Matière inconsciente et qui consiste en certaines réactions de l’organisme aux objets extérieurs. Mais cela, c’est un phénomène de conscience, ce n’est pas la conscience elle-même, ce n’est même qu’une très petite partie de tous les phénomènes possibles de conscience, et cela ne peut donner aucune indication sur la Conscience, cette Réalité qui est l’essence même de l’existence. »


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P. 12. « 1. J’appelle Réalité supracosmique le Satchidânanda Suprême qui est au-dessus de cette manifestation-ci et de toutes les manifestations, qui n’est lié par aucune, et de qui procèdent cependant toute manifestation et tout univers.
2. Le supramental et le supracosmique ne sont pas la même chose. S’il en était ainsi, il ne pourrait pas y avoir de monde supramental ni de descente du principe supramental dans le monde matériel ; nous serions ramenés à l’idée que la Vérité et la Réalité divines ne peuvent exister qu’au-delà, et que l’univers ‑ n’importe quel univers ‑ ne peut être qu’une demi-vérité ou une illusion de l’ignorance.
3. J’appelle supramental la Conscience-de-Vérité, qu’elle soit dans l’univers ou au-dessus, par laquelle le Divin connaît non seulement sa propre essence et son être, mais aussi sa manifestation. Son caractère fondamental est la connaissance par identité : par elle le Moi est connu, le Satchidânanda est connu, mais aussi la vérité de la manifestation est connue, parce qu’elle aussi est Cela ‑ sarvam khalvidam brahma  5, vâsoudévah sarvam  6, etc. Le Mental est un instrument de l’Ignorance qui essaie de connaître, le supramental est le Connaisseur possédant la Connaissance, parce qu’il est un avec elle et avec le connu, et donc voit toutes choses dans la lumière de sa propre Vérité, dans la lumière de leur vrai moi qui est Lui. C’est un Pouvoir dynamique et pas seulement statique, non seulement une Connaissance, mais une Volonté selon la Connaissance : il existe un Pouvoir ou Shakti supramental qui peut manifester directement son monde de Lumière et de Vérité où tout est fondé lumineusement sur l’harmonie et l’unité de l’Un, et non troublé par un voile d’Ignorance ni par aucun déguisement. Le supramental, par conséquent, ne transcende pas toute manifestation possible, mais il est au-dessus de la triplicité du mental, de la vie et de la Matière qui constitue actuellement notre expérience de cette manifestation.
4. Le surmental est une sorte de délégation du supramental (ce n’est qu’une métaphore) qui soutient l’univers évolutif actuel où nous vivons ici dans la Matière. Si le supramental avait été le Pouvoir créateur direct ici, dès le commencement, un monde similaire à celui que nous voyons maintenant n’aurait pas pu exister ; il aurait été plein de la Lumière divine dès le commencement, il n’y aurait pas eu d’involution dans l’inconscience de la Matière, et par conséquent pas d’évolution graduelle et laborieuse de la conscience dans la Matière. Une frontière est donc tracée entre la moitié supérieure de l’univers de conscience, parârdha, et la moitié inférieure, aparârdha. La moitié supérieure est constituée par Sat, Chit, Ânanda, Mahas (le supramental) ; la moitié inférieure par le mental, la vie, la matière. Cette frontière est le surmental intermédiaire qui, bien que lumineux lui-même, nous empêche de voir la pleine Lumière supramentale indivisible, dont il dépend en fait, mais que, en la recevant, il divise, répartit, brise en aspects distincts, en pouvoirs séparés, en multiplicités de toutes sortes, qu’il est possible, par une diminution supplémentaire de conscience comme celle que nous atteignons dans le Mental, de considérer chacun comme la seule ou la principale Vérité et tout le reste comme subordonné ou contraire à elle. À cette action du surmental peuvent être appliquées les paroles de l’Oupanishad : "la face de la Vérité est cachée par un Couvercle d’or", ou celles de l’expression védique riténa ritam apihitam  7. Ici est à l’œuvre une sorte de vidyâ-avidyâmayî mâyâ 8 qui rend possible la prédominance d’avidyâ. C’est par ce principe primitif de division que le Mental est capable de considérer, par exemple, l’Impersonnel comme la Vérité et le Personnel comme un simple masque, ou le Divin personnel comme la Vérité majeure et l’impersonnalité comme un simple aspect ; c’est ainsi, de même, que naissent toutes les philosophies et toutes les religions contradictoires, chacune exaltant un aspect ou une potentialité de la Vérité qu’elle présente au mental comme l’explication totale et suffisante des choses, ou exaltant l’une des Divinités du Divin au-dessus de toutes les autres comme le seul vrai Dieu, tel qu’il ne peut y en avoir aucun autre, ou aucun aussi grand ou plus grand. Ce principe de division suit partout la connaissance mentale de l’homme, et même quand il croit être parvenu à l’unité définitive, ce n’est qu’une unité fabriquée, fondée sur un Aspect. Ainsi, l’homme de science cherche à fonder l’unité de la connaissance sur un aspect physique originel des choses, Énergie ou Matière, Électricité ou Éther ; ainsi, le mâyâvâdin se croit arrivé à l’Adwaïta absolu en coupant l’existence en deux, appelant la partie supérieure Brahman et la partie inférieure Mâyâ. C’est pourquoi la connaissance mentale ne peut jamais parvenir à une solution définitive en quoi que ce soit, car les aspects de l’Existence tels qu’ils sont dispersés par le surmental sont innombrables et on peut continuer à multiplier sans fin philosophies et religions.
Le surmental lui-même échappe à cette confusion, car le surmental connaît l’Un comme le soutien, l’essence, le pouvoir fondamental de toutes choses, mais dans le jeu dynamique qui lui est propre, il fait valoir son pouvoir de division dans la multiplicité et cherche à donner à chaque pouvoir ou Aspect toutes les occasions de se manifester, se reposant sur l’Unité sous-jacente pour qu’elle empêche le manque d’harmonie ou le conflit. Chaque Divinité, pour ainsi dire, crée son propre monde, mais sans conflit avec les autres ; chaque Aspect, chaque Idée, chaque Force des choses peut être ressentie dans la plénitude de son énergie séparée, dans la plénitude de sa splendeur séparée, et élabore ses valeurs, mais cela ne crée pas un manque d’harmonie, parce que le surmental a le sens de l’Infini et que dans l’Infini véritable (non spatial), il est possible à de nombreuses infinités de concorder. Cette sécurité particulière du surmental ne peut cependant pas être transférée aux plans inférieurs de conscience qu’il soutient et dirige, parce qu’à mesure qu’on descend dans l’échelle, la division et la multiplicité s’accroissent ; dans le Mental l’unité sous-jacente devient vague, abstraite, indéterminée et indéterminable, et la seule apparence concrète est celle du monde phénoménal qui est, par nature, une forme et une représentation : la vision que l’Un a de lui-même a déjà commencé à disparaître. Le Mental agit par représentations et constructions, en séparant et en tissant ensemble les données qu’il construit ; il peut faire une construction synthétique et la voir comme le tout, mais quand il cherche la réalité des choses, il se réfugie dans les abstractions ; il n’a pas la vision, l’expérience, le contact concret que recherchent le mystique et le chercheur spirituel. Pour connaître le Moi et la Réalité directement ou véritablement, le Mental doit être silencieux et en refléter une certaine lumière, ou subir un dépassement de soi et une transformation, et cela n’est possible que si une Lumière supérieure descend en lui ou s’il s’élève, est englobé ou est immergé dans une Lumière d’existence plus haute. Dans la Matière, en descendant au-dessous du Mental, nous arrivons au paroxysme de la fragmentation et de la division ; l’Un, bien qu’il soit secrètement là, est perdu pour la connaissance ; nous avons l’Ignorance complète, et même une Inconscience fondamentale hors de laquelle l’univers doit faire évoluer conscience et connaissance. »
« 5. En vérité tout ce qui est, est Brahman (Chândoukiya Oupanishad, 5.14.1).
6. Le Divin est Tout (Guîtâ, 7.19).
7. Vérité cachée par la vérité (Rig-Véda, 5.62.1.).
8. Mâyâ composée de connaissance et d’ignorance. »


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P. 30. « Virât est la manifestation extérieure, et si nous considérons tout cela comme Brahman sans savoir ce qui est derrière la manifestation, nous tomberons dans l’erreur intellectuelle du panthéisme, et nous ne nous rendrons pas compte alors que le Divin est plus que cette manifestation extérieure et ne peut pas être connu par elle seule. Dans le vital, nous risquons de tomber dans l’erreur d’accepter ce qui est obscur et imparfait au même titre que ce qui œuvre pour la lumière et la perfection divine. Bien d’autres erreurs peuvent aussi en découler. » « virât (adj. et n.m.) : litt., énorme : l’Âme universelle ; le Moi qui devient toutes les formes ; l’Esprit de l’univers extérieur. »


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P. 77. « Le Supramental est la Conscience-de-Vérité ; au-dessous intervient le Surmental dont le principe consiste à recevoir les pouvoirs du Divin et à essayer de les mettre en œuvre séparément, chacun agissant de son propre chef et travaillant à réaliser un monde à lui ou, s’il doit agir avec d’autres, à imposer le plus possible son propre principe. Les âmes qui descendent dans le Surmental agissent de même. Le principe de l’Individualité vient de là. Encore consciente tout d’abord de son origine divine, l’âme s’en sépare à mesure qu’elle descend et l’oublie de plus en plus, étant dirigée par le principe de la division et de l’ego. Car le Mental est beaucoup plus éloigné encore de la Vérité que le Surmental, la Nature vitale est absorbée dans la réalisation de forces ignorantes, alors que dans la Matière tout cela entre dans ce qui semble une Inconscience originelle. C’est la Mâyâ du Surmental qui gouverne ce monde, mais dans la Matière elle s’est épaissie en une Inconscience d’où la conscience ressort pour monter de nouveau et faire descendre dans la Matière la vie et le mental, ouvrir le mental à de plus hauts sommets ‑ qui gardent encore un contact plus ou moins direct avec la Vérité (intuition, surmental, supramental). »


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P. 9. « Dans la conscience supramentale, il n’y a pas de problème : les problèmes sont créés par la division qu’instaure le Mental. Le supramental voit la Vérité comme une totalité unique et tout se met à sa place dans cette totalité. Le supramental est aussi spirituel, mais les anciens yoga atteignent Satchidânanda à travers le mental spiritualisé et partent dans l’unité éternellement statique de Satchidânanda ou plutôt du pur Sat (existence) absolu et éternel, ou encore dans une pure Non-existence, absolue et éternelle. Notre yoga, après avoir réalisé Satchidânanda sur le plan du mental spiritualisé, le réalise ensuite sur le plan supramental.
Le Satchidânanda suprême et supracosmique est au-dessus de tout. Le Supramental peut être décrit comme son pouvoir de perception de soi et de perception du monde, le monde étant connu comme étant en lui et non en dehors de lui. Ainsi pour vivre consciemment dans le Satchidânanda suprême, on doit passer par le supramental. Si l’on est dans le supracosmique en dehors de la manifestation, il n’y a pas place pour les problèmes et les solutions. Si l’on vit à la fois dans la transcendance et dans la vision cosmique, cela ne peut être que par la conscience supramentale dans la conscience suprême de Satchidânanda – alors pourquoi la question se poserait-elle ? Pourquoi y aurait-il une différence entre la version du cosmos donnée par le Satchidânanda suprême et la version qui en est donnée par le supramental ? Votre difficulté vient sans doute de ce que vous pensez aux deux en termes du mental.
La conscience supramentale est entièrement différente, non seulement du Mental spiritualisé, mais aussi des plans au-dessus du Mental spiritualisé qui interviennent entre celui-ci et le plan supramental. Une fois que l’on dépasse le surmental pour entrer dans le supramental, on pénètre dans une conscience où les normes des autres plans ne s’appliquent pas et où la même Vérité – par exemple Satchidânanda et vérité de notre univers – est vue d’une manière tout à fait différente et a un effet dynamique différent. C’est la conséquence nécessaire du fait que le supramental a une connaissance indivisible, alors que le surmental procède par union, dans la division et le Mental par division, prenant la division comme fait premier, car tel est le processus naturel de sa connaissance.
Dans tous les plans l’expérience essentielle de Satchidânanda, pure Existence, Conscience, Béatitude, est la même ; le Mental se contente souvent d’elle, la considérant comme la seule Vérité, et rejette tout le reste comme faisant partie de la grande Illusion, mais il y a aussi une expérience dynamique du Divin ou de l’Existence ‑ par exemple de l’Un et du Multiple, du Personnel et de l’Impersonnel, de l’Infini et du Fini, etc. ‑ qui est essentielle à la connaissance intégrale. L’expérience dynamique n’est pas la même sur les plans inférieurs et sur les plans supérieurs, dans les plans spirituels intermédiaires et dans le supramental. Dans ces plans, les oppositions peuvent seulement être rapprochées et harmonisées, dans le supramental elles se fondent et sont inséparablement une, ce qui fait une énorme différence.
L’univers est dynamisme, mouvement ‑ l’expérience essentielle de Satchidânanda, séparée du dynamisme et du mouvement, est statique. L’entière vérité dynamique de Satchidânanda et de l’univers, avec ses conséquences, ne peut être saisie par une conscience autre que le supramental, parce que les instruments de tous les autres plans (plus bas) sont inférieurs et qu’il existe donc une disparité entre la plénitude de l’expérience statique et le caractère incomplet de la connaissance et du pouvoir dynamique résultant de la lumière et du pouvoir inférieurs des autres plans. C’est pour cette raison que la conscience des autres plans spirituels, même si elle descend, ne peut opérer aucun changement radical dans la conscience terrestre, elle ne peut que la modifier ou l’enrichir. Pour la transformation radicale, la descente du pouvoir et de la nature du supramental est nécessaire.
On ne peut pas parler de deux catégories de Satchidânanda, car le Satchidânanda est toujours le même ‑ mais la connaissance du Satchidânanda et de l’univers est différente selon le degré de la conscience qui en a l’expérience. »

P. 25. « Si nous contemplons dans son ensemble la gradation des mondes ou des plans, nous voyons un grand mouvement complexe dans lequel ils sont reliés ; les plus hauts précipitent leurs influences dans les plus bas, les plus bas réagissent aux plus hauts et élaborent ou manifestent en eux-mêmes, à l’intérieur de leur formule propre, quelque chose qui correspond au pouvoir supérieur et à son action. Le monde matériel a fait évoluer la vie en obéissant à une pression du plan vital, et le mental en obéissant à une pression du plan mental. Il essaie maintenant de faire évoluer le supramental en obéissant à une pression du plan supramental. Pour parler d’une manière plus détaillée, certaines forces, certains mouvements, pouvoirs et êtres particuliers d’un monde supérieur peuvent se jeter dans le monde inférieur pour établir des formes appropriées et correspondantes qui les relieront au domaine matériel et, pour ainsi dire, y reproduiront ou y projetteront leur action. Et chaque chose créée ici-bas a, pour la soutenir, des enveloppes ou des formes plus subtiles d’elle-même qui la font subsister et la relient à des forces agissant d’en haut. L’homme, par exemple, possède, en plus de son corps physique grossier, des enveloppes ou corps plus subtils grâce auxquels il vit, derrière le voile, en liaison directe avec les plans supraphysiques de conscience, et peut être influencé par leurs pouvoirs, leurs mouvements et leurs êtres. Ce qui a lieu dans la vie a toujours, par derrière, des mouvements et des formes préexistant sur les plans du vital occulte ; ce qui a lieu dans le mental présuppose des mouvements et des formes préexistant dans les plans du mental occulte. C’est un aspect des choses qui devient de plus en plus évident, pressant, important, à mesure que nous progressons dans un yoga dynamique.
Mais tout ceci ne doit pas être pris dans un sens trop rigide ou trop mécanique. C’est un mouvement immense et souple plein du jeu des possibilités et que l’on doit saisir par un toucher ou un sens souple et subtil dans la conscience qui voit. Cela ne peut pas se réduire à une formule trop rigoureusement logique ou mathématique. Deux ou trois points doivent être soulignés pour que nous ne perdions pas de vue cette plasticité.
D’abord, chaque plan, malgré sa relation avec les autres plans au-dessus et au-dessous de lui, est cependant un monde en soi, avec ses mouvements, forces, êtres, types, formes propres, existant comme pour lui-même et pour eux, soumis à ses propres lois, pour sa propre manifestation, apparemment sans tenir compte des autres membres de la grande série. Ainsi, si nous considérons le plan vital ou le plan physique subtil, nous en voyons de grandes étendues (la plus grande partie) existant en elles-mêmes, sans aucune relation avec le monde matériel et sans aucun mouvement qui l’affecte ni ne l’influence ni, encore moins, qui précipite une manifestation correspondante dans la formule physique. Tout au plus pouvons-nous dire que l’existence de quoi que ce soit dans le vital, dans le physique subtil ou dans tout autre plan crée la possibilité d’un mouvement de manifestation qui lui correspond dans le monde physique. Mais il faut quelque chose de plus pour que cette possibilité statique ou latente se change en une potentialité dynamique ou en un élan réel vers une création matérielle. Ce quelque chose peut être un appel du plan matériel, par exemple une force ou un être de l’existence physique qui entre en contact avec un pouvoir, un monde ou une partie d’un monde supraphysique, et qui est poussé à le faire descendre dans la vie sur terre. Ou ce peut être une impulsion dans le plan vital lui-même ou dans un autre plan, par exemple un être vital poussé à étendre son action vers la terre et à y établir un royaume pour lui-même ou pour le jeu de forces qu’il représente dans son propre domaine. Ou ce peut être une pression d’au-dessus : par exemple, un pouvoir supramental ou mental précipitant sa formation venue d’en haut et élaborant des formes et des mouvements au niveau vital comme un moyen de faire passer sa propre création dans le monde matériel. Ou toutes ces choses peuvent agir ensemble, et c’est là qu’apparaît la plus grande possibilité d’une véritable création.
Deuxièmement, il s’ensuit que seule une partie limitée de l’action du plan vital ou d’autres plans plus élevés concerne l’existence terrestre. Mais même cette partie limitée crée une masse de possibilités bien plus grande que ce que la terre peut, à un moment donné, manifester ou contenir dans ses propres formules moins souples. Toutes ces possibilités ne se réalisent pas ; certaines échouent complètement et laissent tout au plus une idée qui n’aboutit pas ; certaines font une tentative sérieuse et sont repoussées et vaincues, et même si elles sont actives pendant un certain temps, n’arrivent à rien. D’autres se manifestent à moitié, et c’est le résultat le plus fréquent, d’autant plus que ces forces supraphysiques, vitales ou autres, entrent en conflit et ne doivent pas seulement surmonter la résistance de la conscience physique et de la matière, mais encore leur propre résistance par laquelle elles s’exterminent mutuellement. Certaines arrivent à précipiter leurs résultats en une création plus complète et plus réussie, de sorte que si l’on compare cette création à son original dans le plan supérieur, il y a une ressemblance plus ou moins étroite ou même une reproduction ou une traduction apparemment exacte de la formule supraphysique en formule physique. Et pourtant même là, l’exactitude n’est qu’apparente ; le fait même de traduire en une autre substance et un autre rythme de manifestation crée une différence. C’est quelque chose de nouveau qui s’est manifesté, et c’est ce qui fait la valeur de la création. Quelle serait, par exemple, l’utilité d’une création supramentale sur terre, si elle était identique à une création supramentale sur le plan supramental ? Elle est la même, en principe, mais pourtant différente : c’est une nouvelle et triomphante découverte de Soi du Divin dans des conditions qui n’existent pas ailleurs.
C’est sans aucun doute le physique subtil qui est le plus proche du physique et le plus semblable à lui. Cependant, les conditions sont différentes et la chose aussi est différente. Par exemple, le physique subtil a une liberté, une souplesse, une intensité, un pouvoir, une couleur, un jeu vaste et multiple (il contient des milliers de choses qui n’existent pas ici) dont, jusqu’à présent, nous n’avons aucune possibilité sur terre. Et pourtant il y a ici quelque chose, une potentialité de Divin, que l’autre plan, en dépit de ses plus grandes libertés, n’a pas, quelque chose qui rend la création plus difficile, mais qui, par son résultat final, justifie le labeur. »


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P. 24. « Au-dessus de l’univers matériel que nous voyons, il y a un plan vital (existant en soi) ; au-dessus du matériel et du vital, il y a un plan mental (existant en soi). Les trois ensemble ‑ mental, vital et physique ‑ sont appelés le triple univers de l’hémisphère inférieur. Ils se sont établis dans la conscience terrestre par l’évolution ; mais ils existaient en eux-mêmes avant l’évolution, au-dessus de la conscience terrestre et du plan matériel auquel appartient la terre  11. » « 11. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »

P. 28. « Les mondes célestes sont au-dessus du corps. Les parties du corps correspondent à des plans : physique subtil, vital supérieur, moyen et inférieur, mental. Chaque plan est en communication avec les divers mondes qui lui appartiennent. »

P. 28. « Chaque plan est vrai en soi, mais n’est vrai que partiellement pour le supramental. Quand ces vérités plus hautes pénètrent le physique, elles essaient de s’y réaliser, mais ne peuvent le faire qu’en partie et dans les conditions du plan matériel. Seul le supramental peut surmonter cette difficulté. »

P. 28. « La plupart des événements se produisent dans le vital avant de se produire dans le physique, mais ce qui arrive dans le vital ne se réalise pas toujours dans le physique, ou ne se réalise pas de la même façon. Il y a toujours, ou du moins habituellement, un changement dans la forme, le moment, les circonstances, dû aux conditions différentes du plan physique. »

P. 24. « Vous devez vous rappeler qu’il y a dans les plans inférieurs des reflets des Mondes supérieurs qui peuvent facilement être ressentis comme suprêmes à ce stade de l’évolution. Mais le Satchidânanda suprême n’est pas un monde, il est supra-cosmique. Le monde de Sat (Satyaloka) est, dans l’échelle, le plus haut qui soit relié à cet univers-ci. »

P. 112. « Tout ce qui, ici-bas, appartient strictement au plan terrestre est sorti par évolution de l’Inconscient, de la Matière – mais l’être mental essentiel existe déjà, non involué, dans le plan mental. Seul le mental personnel a évolué ici à partir de quelque chose qui est sorti de l’Inconscient et s’est développé sous une pression venue d’en haut. »


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P. 97. « L’individu ne se limite pas au corps physique ‑ seule la conscience extérieure a cette impression. Dès que l’on dépasse ce sentiment de limitation, on sent d’abord la conscience intérieure qui est liée au corps, mais ne lui appartient pas, puis les plans de conscience au-dessus du corps, ainsi qu’une conscience qui entoure le corps mais fait partie de soi, fait partie de l’être individuel et à travers laquelle on est en contact avec les forces cosmiques et avec d’autres êtres. J’ai appelé cette conscience la conscience environnante 52. » « 52. Nouvelles lumières sur le Yoga, chapitre 2. »

P. 97. « Chaque homme a sa propre conscience personnelle retranchée dans son corps et n’entre en contact avec ce qui l’entoure qu’à travers son corps et ses sens, et à travers le mental utilisant les sens.
Et pourtant les forces universelles se déversent en lui continuellement sans qu’il le sache. Il ne perçoit que les pensées, les sentiments, etc., qui montent à la surface et ceux-là, il les prend pour siens. En réalité, ils viennent de l’extérieur par vagues mentales, vagues vitales, vagues de sentiments et de sensations, etc., qui prennent une forme particulière en lui et montent à la surface après être entrés à l’intérieur.
Mais ils n’entrent pas dans son corps tout de suite. L’homme transporte avec lui une conscience environnante (que les théosophes appellent l’aura) dans laquelle ils entrent en premier lieu. Si vous pouvez devenir conscient de votre moi environnant, alors vous pouvez attraper la pensée, la passion, la suggestion ou la force de maladie et l’empêcher d’entrer en vous. Si vous rejetez des choses hors de vous, souvent elles ne s’en vont pas complètement, mais se réfugient dans cette atmosphère environnante, et de là essaient de s’introduire de nouveau ; ou elles vont à une certaine distance au-dehors, mais traînent aux alentours ou même plus loin, attendant que se présente l’occasion d’une tentative d’incursion. »

P. 98. « La conscience environnante n’est pas un monde, c’est une chose individuelle. »

P. 98. « [Le subconscient et la conscience environnante :] ce sont deux choses tout à fait différentes. Ce qui est entreposé dans le subconscient ‑ impressions, souvenirs, etc. ‑ s’élève de là vers les parties conscientes. Dans la conscience environnante les choses ne sont pas emmagasinées ni fixées, bien qu’elles s’y déplacent. Celle-ci est extrêmement mobile, c’est un champ de vibration ou un lieu de passage des forces. »

P. 98. « Elle [la conscience environnante] peut devenir silencieuse quand la conscience s’élargit. On peut en devenir conscient et agir sur ce qui passe à travers elle. Sans elle, l’homme serait sans contact avec le reste du monde. »


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P. 99. « La conscience de l’individu s’élargit dans la conscience cosmique au-dehors et peut avoir avec elle toutes sortes de relations : elle peut pénétrer, connaître ses mouvements, agir sur elle ou recevoir d’elle, et même être aussi vaste qu’elle ou la contenir ; c’est ce que les anciens yoga entendaient par l’expression "avoir le Brahmânda en soi".
La conscience cosmique est celle de l’univers, de l’esprit cosmique et de la Nature cosmique, avec tous les êtres et toutes les forces qui y sont contenus. Tout cela est aussi conscient globalement que l’est l’individu séparément, bien que d’une manière différente. La conscience de l’individu en est une partie, mais c’est une partie qui se perçoit comme un être distinct. Et pourtant, à tout moment, la plus grande partie de ce qu’il est lui vient de la conscience cosmique. Mais il y a un mur d’ignorance séparatrice entre les deux. Une fois ce mur écroulé, l’individu commence à sentir le Moi cosmique, la conscience de la Nature cosmique, les forces qui y jouent, etc. Il sent tout cela comme il sent maintenant les choses et les chocs physiques. Il découvre que le tout ne fait qu’un avec son moi plus vaste ou universel.
Il y a une Nature mentale universelle, une Nature vitale universelle, une Nature physique universelle ; c’est d’une sélection parmi leurs forces et leurs mouvements que sont faits le mental, le vital et le physique individuels. L’âme vient de par-delà cette nature mentale, vitale et corporelle. Elle appartient au Transcendant, et c’est pourquoi il nous est possible de nous ouvrir à la Nature supérieure qui est par-delà. »

P. 100. « 1. La conscience spirituelle est celle dans laquelle nous accédons à la perception du Moi, de l’Esprit, du Divin, et où nous sommes capables de voir en toutes choses la réalité essentielle et le jeu des forces et des phénomènes comme procédant de cette Réalité essentielle.
2. La conscience cosmique est celle où les limites de l’ego, du mental personnel et du corps disparaissent, et où l’on devient conscient de l’existence d’une immensité cosmique qui est un esprit cosmique, ou est remplie d’esprit cosmique ; on perçoit aussi le jeu direct des forces cosmiques, des forces du mental universel, des forces de la vie universelle, des énergies universelles de la Matière, des forces du surmental universel. Mais on ne devient pas conscient de tout cela à la fois ; l’ouverture de la conscience cosmique est en général progressive. Non que l’ego, le corps, le mental personnel disparaissent, mais on les ressent comme n’étant qu’une petite partie de soi-même, ou comme des répliques diverses de soi – le même moi modifié par la Nature dans d’autres corps ‑ ou pour le moins, comme vivant dans le moi universel plus vaste qui est dès lors la plus grande réalité de soi-même. Tout, en fait, commence à changer de nature et d’apparence ; toute notre expérience du monde est radicalement différente de l’expérience de ceux qui sont enfermés dans leur moi personnel. On commence à connaître les choses par un mode différent d’expérience, plus direct, ne dépendant pas du mental extérieur et des sens. La possibilité d’erreur ne disparaît pas pour autant : cela ne peut pas se produire tant que le mental, sous quelque forme que ce soit, sert d’instrument pour transcrire la connaissance, mais il y a une manière nouvelle, vaste et profonde, de sentir, de voir, de connaître les choses, d’entrer en contact avec elles ; et les confins de la connaissance peuvent être reculés dans une mesure presque infinie. Ce dont il faut se garder, dans la conscience cosmique, c’est du jeu d’un ego agrandi, des attaques amplifiées des forces hostiles ‑ car elles aussi font partie de la conscience cosmique ‑ et des tentatives de l’Illusion cosmique (Ignorance, Avidyâ) pour empêcher la croissance de l’âme jusqu’à la Vérité cosmique. Ce sont des choses qu’il faut apprendre par expérience ; l’enseignement intellectuel ou les explications mentales sont tout à fait insuffisants. Pour entrer en toute sécurité dans la conscience cosmique et la traverser sans danger, il faut avoir une sincérité centrale forte et sans égoïsme ; il faut aussi que l’être psychique, avec son pouvoir divinateur de la vérité et son orientation infaillible vers le Divin, soit déjà au premier plan dans la nature. »

P. 102. « L’homme ordinaire vit dans sa propre conscience personnelle et connaît les choses à travers son mental et ses sens, dans la mesure où ceux-ci sont en contact avec un monde qui est extérieur à lui, extérieur à sa conscience. Quand la conscience devient subtile, elle commence à entrer en contact avec les choses d’une manière beaucoup plus directe, non seulement avec leur forme et leurs effets extérieurs, mais avec leur contenu ; son étendue peut cependant être encore limitée. Mais la conscience peut aussi s’élargir et commencer d’abord à entrer en contact direct avec un univers ou une certaine catégorie de choses dans le monde, puis à les contenir pour ainsi dire ‑ on parle de voir le monde en soi-même ‑ et à être d’une certaine manière identifié à cela. Voir toutes choses dans le moi et le moi en toutes choses, percevoir en toutes choses un être unique, être conscient directement des différents plans, de leurs forces, de leurs êtres ‑ c’est cela l’universalisation. »

P. 103. « Oui, certainement [dans le mental cosmique il y a une zone de mental physique], rien n’existe dans l’individu qui n’existe dans l’Énergie cosmique. Ordinairement, l’individu n’est qu’un centre différencié des forces universelles ‑ bien que son âme vienne d’ailleurs. »

P. 102. « Comme il [tout être humain] vit dans une conscience séparée, il fabrique un monde mental qui lui est propre à partir de ses expériences du monde commun où tout le monde vit. Ce monde est bâti de la même manière que celui des autres, et l’homme y reçoit les pensées, les sentiments des autres, le plus souvent sans le savoir, et cela aussi il l’utilise comme matériau pour construire son monde séparé. »

P. 103. « La Nature envoie à chacun toutes sortes de forces et d’expériences. C’est à vous qu’il appartient, en tant qu’être conscient (Pourousha) de choisir ce que vous ferez ou ne ferez pas ; vous devez rejeter ce que vous trouvez faux, n’accepter que ce qui est vrai et juste. Dans la Nature, il y a le supérieur et l’inférieur, le vrai et le faux. Ce que le Divin veut de vous, c’est que vous croissiez dans la Vérité et la Nature supérieure, que vous rejetiez la Nature fausse et inférieure. »

P. 104. « Tant que le mental humain reste enfermé dans sa personnalité, il ne lui est pas possible de comprendre les fonctionnements de la Volonté cosmique, car les normes établies par la conscience personnelle ne s’appliquent pas à eux. Une cellule dans le corps, si elle était consciente, pourrait aussi penser que l’être humain et ses actes ne sont que la résultante des relations et des fonctionnements d’un certain nombre de cellules comme elle et non de l’action d’un moi unifié. C’est seulement si l’on entre dans la Conscience cosmique que l’on peut commencer à voir les forces à l’œuvre et les principes selon lesquels elles agissent, et à entrevoir le Moi cosmique, le Mental et la Volonté cosmiques. »

P. 105. « Il n’existe aucune ignorance qui ne fasse partie de l’Ignorance cosmique, mais dans l’individu elle devient une formation et un mouvement limités, alors que l’Ignorance cosmique est le mouvement total de la conscience du monde séparée de la Vérité suprême et agissant dans une impulsion inférieure où la Vérité est pervertie, amoindrie, mélangée et voilée par le mensonge et l’erreur. La Vérité cosmique est le regard que porte sur les choses une conscience cosmique qui les montre dans leur essence véritable et dans leur vraie relation avec le Divin et entre elles. »

P. 105. « La Vérité cosmique est la vérité des choses telles qu’elles s’expriment actuellement dans l’univers. La Vérité divine est indépendante de l’univers, au-dessus de lui, et c’est d’elle qu’il provient. »


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P. 144. « Dans notre yoga, nous entendons par subconscient cette partie tout à fait submergée de notre être où il n’y a ni pensée, ni volonté, ni sentiment consciemment éveillés et cohérents, ni réaction organisée, mais qui pourtant reçoit obscurément les moindres impressions et les emmagasine au fond de soi ; c’est de là aussi que peuvent surgir en rêve, ou même à l’état de veille, toutes sortes d’impulsions et de mouvements habituels invétérés qui se répètent grossièrement ou se déguisent sous d’étranges formes. Car, si ces impressions surgissent surtout en rêve d’une manière incohérente et chaotique, elles peuvent aussi surgir, et en fait surgissent dans notre conscience de veille, sous forme de répétition mécanique d’anciennes pensées, d’anciennes habitudes mentales, vitales et physiques, sous forme d’obscure excitation à des sensations, des actions, des émotions dont notre pensée ou notre volonté conscientes ne sont ni l’origine ni la cause et qui souvent même sont contraires à leurs perceptions et à leur choix ou à leurs injonctions. Il y a, dans le subconscient, un mental obscur plein de samskâra opiniâtres, impressions, associations, idées fixes, réactions habituelles formées par notre passé ; un vital obscur qui contient la semence des sensations, des réactions nerveuses et des désirs habituels ; un physique matériel extrêmement obscur qui gouverne en grande partie l’état de notre corps. Il est largement responsable de nos maladies ; en fait, les maladies chroniques ou récurrentes sont surtout dues au subconscient, à sa mémoire obstinée et à son habitude de répéter tout ce qui s’est imprimé sur la conscience corporelle. Mais il faut distinguer clairement ce subconscient physique des parties subliminales de notre être, tels la conscience physique interne ou subtile, le vital interne ou le mental interne ; car ces parties-là ne sont nullement obscures, incohérentes ou inorganisées, mais seulement voilées à notre conscience superficielle. Notre surface reçoit constamment des impulsions de ces sources ‑ contacts, communications ou influences intérieures ‑, mais la plupart du temps sans savoir d’où elles viennent  66. » « 66. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »

P. 145. « Le subconscient est au-dessous de la conscience physique de veille ‑ c’est un domaine automatique, obscur, incohérent, à demi inconscient, dans lequel la lumière et la perception ne peuvent pénétrer qu’avec difficulté. Le vital intérieur et le physique intérieur sont tout différents ; leur conscience est plus largement plastique, plus subtile, plus libre et plus riche que celle du vital et du physique de surface, beaucoup plus ouverte à la Vérité et en contact direct avec l’universel. »

P. 146. « Le subconscient est universel autant qu’individuel, comme toutes les autres parties principales de la nature. Mais il y a des parties ou des plans différents dans le subconscient. Tout sur terre est basé sur l’"Inconscient’’, comme on l’appelle, bien que réellement il ne soit pas du tout inconscient mais au contraire une complète sub-conscience, une conscience "involuée" ou enfermée, qui contient tout, mais en laquelle rien n’est formulé ni exprimé. Le subconscient se trouve entre cet Inconscient et la conscience du mental, de la vie et du corps. Il contient en puissance toutes les réactions primitives devant la vie, qui luttent pour émerger, sortir des rivages ternes et inertes de la Matière, et qui, par un développement constant, forment une conscience en évolution se formulant peu à peu ; il les contient, non comme des idées ou des perceptions ou des réactions conscientes, mais comme la substance fluide de ces choses. En outre, toutes nos expériences conscientes s’enfoncent dans le subconscient, non pas comme des souvenirs précis, bien que submergés, mais comme des impressions d’expérience, à la fois obscures et obstinées ; et ces impressions peuvent à tout moment remonter sous forme de rêves, de répétitions mécaniques de pensées et de sentiments ou d’actions du passé, de "complexes" explosant en actions ou en événements, etc. C’est surtout à cause du subconscient que tout se répète et que jamais rien ne change, sauf en apparence. C’est pourquoi l’on dit que le caractère ne peut être changé, et c’est aussi la cause du retour constant des difficultés dont on espérait s’être débarrassé pour toujours. Toutes les semences sont là, ainsi que tous les samskâra du mental, du vital et du corps ; c’est le principal support de la mort et de la maladie, et la dernière forteresse (imprenable à ce qu’il semble) de l’Ignorance. Tout ce qui est réprimé, mais non complètement rejeté, s’y enfonce et y demeure comme une semence, prêt à surgir à la surface ou à germer à la première occasion  67. » « 67. Les bases du Yoga, chapitre 5. Traduction de la Mère. »

P. 147. Le subconscient ne constitue pas toute la fondation de la nature ; il est seulement la base inférieure de l’Ignorance et affecte principalement la conscience vitale inférieure et la conscience physique extérieure, et celles-ci, à leur tour, influencent les parties supérieures de la nature. S’il est bon de voir ce qu’il est et comment il agit, on ne doit pas être trop préoccupé par ce côté obscur ou par cette apparence de l’être instrumental. On doit plutôt le considérer comme quelque chose qui n’est pas soi, comme le masque d’une nature fausse posé sur l’être vrai par l’Ignorance. L’être vrai est l’être intérieur, avec toutes ses vastes possibilités d’atteindre et d’exprimer le Divin, et spécialement l’être le plus profond, l’âme, le Pourousha psychique qui est toujours, dans son essence, pur, divin, tourné vers tout ce qui est bon, vrai, beau. L’être extérieur doit être saisi par l’être intérieur et transformé pour n’être plus l’instrument des éruptions de la Nature subconsciente ignorante, mais celui du Divin. C’est en se souvenant constamment de cela, et en ouvrant la nature vers le haut que l’on peut atteindre la Conscience divine et qu’elle peut descendre dans toute l’existence intérieure et extérieure, mentale, vitale, physique, dans le subconscient, le subliminal, dans tout ce que nous sommes, ouvertement ou secrètement. Ce doit être la préoccupation principale. S’occuper seulement du subconscient et de l’aspect imparfait engendre la dépression et doit être évité. Il faut conserver un juste équilibre et insister principalement sur le côté positif, en reconnaissant que l’autre existe, mais seulement pour le rejeter et le changer. […]
P.S. Il est certain qu’en ce qui concerne les habitudes vitales, la rupture brutale et décisive est la voie la plus facile et la meilleure. »

P. 148. « Le subconscient est une conscience muette, cachée et inexprimée qui fonctionne sous toutes nos activités physiques conscientes. Tout comme ce que nous appelons le supraconscient est en réalité une conscience supérieure, située au-dessus, et d’où certaines choses descendent dans l’être, de même le subconscient est au-dessous de la conscience corporelle et certaines choses s’élèvent de là pour pénétrer dans le physique, le vital et la nature mentale.
De même que la conscience supérieure est supraconsciente pour nous et soutient toutes nos possibilités et notre nature spirituelles, de même le subconscient est la base de notre être matériel et soutient tout ce qui monte dans la nature physique.
Les hommes ne sont habituellement conscients ni de l’un, ni de l’autre de ces plans de leur être, mais par la sâdhanâ ils peuvent en acquérir la perception.
Le subconscient conserve les impressions de toutes nos expériences passées dans la vie ; celles-ci peuvent en remonter sous forme de rêves : la plupart des rêves dans le sommeil ordinaire sont des formations constituées d’impressions subconscientes.
Si certaines choses reviennent périodiquement et avec force dans notre conscience physique, au point qu’il lui est difficile de se débarrasser de ses habitudes, c’est en grande partie parce que le subconscient leur donne son appui. Le subconscient est plein d’habitudes irrationnelles.
Quand les choses sont rejetées de toutes les autres parties de la nature, ou bien elles vont dans la conscience environnante autour de nous, à travers laquelle nous communiquons avec les autres et avec la Nature universelle, et de là essaient de revenir, ou bien elles s’enfoncent dans le subconscient et peuvent en émerger de nouveau, même après être restées si longtemps en repos que nous les croyons parties.
Quand on entreprend de changer la conscience physique, la résistance principale vient du subconscient. Il entretient ou ramène constamment l’inertie, la faiblesse, l’obscurité, le manque d’intelligence qui affligent le mental et le vital physiques, ou les peurs, les désirs, les colères, les appétits obscurs du vital physique, ou les maladies, les lourdeurs, les douleurs, les incapacités auxquelles est sujette la nature corporelle. »

P. 149. « Le subconscient est le principal support de tous les mouvements habituels, surtout des mouvements physiques et du vital inférieur. Quand une chose est rejetée du vital ou du physique, elle descend généralement dans le subconscient et y reste comme en semence pour remonter quand elle peut. C’est pourquoi il est si difficile de se débarrasser des mouvements vitaux habituels ou de changer son caractère ; car, soutenus ou rafraîchis à cette source, préservés dans cette matrice, les mouvements vitaux, même lorsqu’ils sont refoulés ou réprimés, remontent encore et se reproduisent. L’action du subconscient est irrationnelle, mécanique et répétitive. Elle n’écoute pas la raison ni la volonté mentale. C’est seulement en y introduisant la Lumière et la Force d’en haut qu’on peut la changer  69. » « 69. Les bases du Yoga, chapitre 5. Traduction de la Mère. »

P. 150. « Le subconscient est le support de l’action habituelle ‑ il peut soutenir de bonnes habitudes comme de mauvaises. »

P. 150. « Le subconscient est la base évolutive en nous, ce n’est pas la totalité de notre nature cachée ni l’entière origine de ce que nous sommes. Mais certaines choses peuvent surgir du subconscient, puis prendre forme dans les parties conscientes ; la plupart de nos petits instincts, mouvements, habitudes, formes de caractère, vitaux et physiques, ont cette origine. »

P. 153. « À propos du subconscient ‑ c’est la base sub-mentale de l’être, et il est fait des impressions, des instincts, des mouvements habituels qui y sont emmagasinés. Quel que soit le mouvement qui s’y imprime, il le garde. Si l’on y imprime le mouvement juste, il le gardera et le fera émerger. C’est pourquoi il doit être débarrassé des mouvements anciens avant que la transformation de la nature puisse être permanente et totale. Une fois que la conscience supérieure est établie dans les parties de veille, elle descend dans le subconscient et le change aussi ; elle se constitue là aussi en un soubassement solide. Alors aucun ennui ne peut plus venir du subconscient. Mais même avant, on peut réduire les ennuis au minimum en plaçant dans les parties subconscientes la volonté juste et l’habitude de réagir correctement. »

P. 154. « Le subconscient est fait d’habitudes et de souvenirs ; il répète constamment ou chaque fois qu’il le peut, ce qui a été réprimé : vieilles réactions, anciens réflexes, réponses mentales, vitales ou physiques. On doit l’éduquer en faisant une pression encore plus persistante avec les parties supérieures de notre être afin qu’il abandonne ses vieilles réponses et qu’il en prenne de nouvelles et de vraies 74. » « 74. Les Bases du Yoga, chapitre 5. Traduction de la Mère. »

P. 154. « Le mental humain, comme le mental animal, vit en grande partie dans des impressions qui émergent du subconscient. »

P. 156. « La mémoire claire des mots, des images et des pensées est une action du mental conscient, non de l’inconscient. Évidemment le souvenir va derrière, pour ainsi dire, dans la partie arrière du mental, mais peut être ressorti. Le souvenir peut aussi être perdu ou déformé, de sorte qu’on se souvient de travers ou qu’on oublie complètement, mais là encore il s’agit d’une action imparfaite du mental conscient, non d’une action du subconscient. Ce que conserve le subconscient, c’est une masse d’impressions, non une masse d’images claires ou exactes, et celles-ci peuvent resurgir, comme dans les rêves, en un méli-mélo incohérent complètement distordu ou, dans l’état de veille, comme une récurrence ou une répétition mécanique de ces mêmes suggestions, impulsions (vital subconscient) ou sensations. La différence entre les deux fonctionnements est reconnaissable. »

P. 156. « La mémoire subliminale retient des images exactes. Tout ce qui est subliminal est qualifié par la psychologie ordinaire de subconscient ; mais dans notre psychologie cela ne peut pas se faire, car la conscience qui retient tout cela est aussi précise et bien plus vaste, bien plus complète que notre conscience de veille ou de surface, aussi comment pourrait-on la qualifier de subconsciente ? La mémoire consciente est ce qui peut ramener un souvenir dès que nous le désirons ; nous en avons la maîtrise. La mémoire subliminale peut tout retenir, même ce que notre mental ne peut pas comprendre : par exemple, si vous entendez quelqu’un parler hébreu, la mémoire subliminale peut retenir ces paroles et les rapporter exactement dans un état anormal comme l’hypnose. La mémoire subconsciente est une mémoire d’impressions ; quand ces impressions surgissent, comme dans le rêve, le résultat est incohérent ou réorganisé de façon fantaisiste, ou alors seule surgit l’essence de la chose, son sédiment psychologique : sexe, peur, une libido particulière, comme disent les psychanalistes, mais l’expression qui en est donnée n’est pas nécessairement la même que celle qui serait fournie par la mémoire ‑ la mémoire du subconscient peut reproduire les mêmes formes si elle fait appel au mental mécanique dans le physique pour qu’il l’aide à s’exprimer, mais le souvenir peut aussi être très différent de tout ce qui existe dans la vie réelle. »


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P. 158. « Les centres, ou Chakra, sont au nombre de sept :
1. Le lotus aux mille pétales au sommet de la tête.
2. Au milieu du front ‑ Âjnâ Chakra (volonté, vision, pensée dynamique).
3. Le centre de la gorge ‑ mental extériorisant.
4. Le lotus du cœur ‑ centre émotif. Derrière lui est situé le psychique.
5. Le nombril ‑ vital supérieur (proprement dit).
6. Au-dessous du nombril ‑ vital inférieur.
7. Le Moûlâdhâra ‑ physique.
Tous ces centres sont situés au milieu du corps, ils sont censés être attachés à la moelle épinière ; mais en fait, toutes ces choses sont dans le corps subtil, soûkshma déha, bien que lorsque la conscience est éveillée, on ressente leurs activités comme si elles se produisaient dans le corps physique  79. » « 79. Nouvelles lumières sur le Yoga, chapitre 2. »

P. 159. « Dans le processus de notre yoga, les centres ont chacun un emploi psychologique déterminé et un rôle général qui forment la base de tous les pouvoirs particuliers et de toutes les fonctions relevant de ces centres. Le moûlâdhâra régit le physique jusqu’au subconscient ; le centre abdominal (swâdhishthâna) régit le vital inférieur ; le centre ombilical (nâbhipadma ou manipoura) régit le vital plus vaste ; le centre du cœur (hritpadma ou anâhata) régit l’être émotif ; le centre de la gorge (vishouddha) régit le pouvoir mental d’expression et d’extériorisation ; le centre entre les sourcils (âjnâchakra) régit le mental dynamique, la volonté, la vision et le pouvoir de formation mentale ; au-dessus, le lotus aux mille pétales (sahasradala) régit le mental pensant supérieur, abrite plus haut encore le mental illuminé, et tout en haut, s’ouvre à l’intuition par laquelle (à moins d’une action directe irrésistible) le surmental peut entrer en communication ou en contact immédiat avec les autres plans  80. » « 80. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »

P. 159. « Je n’ai jamais entendu parler de deux lotus dans le centre du cœur ; mais celui-ci est le siège de deux pouvoirs : en avant le vital supérieur ou être émotif ; en arrière et cachée, l’âme ou être psychique.
Les couleurs des lotus et le nombre de pétales sont respectivement, de bas en haut : 1) le Moûlâdhâra ou centre de la conscience physique, quatre pétales, rouge ; 2) le centre abdominal, six pétales, rouge-violet sombre ; 3) le centre du nombril, dix pétales, violet ; 4) le centre du cœur, douze pétales, rose-doré ; 5) le centre de la gorge, seize pétales, gris ; 6) le centre du front, entre les sourcils, deux pétales, blanc ; 7) le lotus aux mille pétales, au-dessus de la tête, bleu entouré d’une lumière dorée. Voici leur fonctions, selon notre yoga : 1) régit la conscience physique et le subconscient ; 2) régit les petits mouvements du vital, les petits appétits, convoitises, désirs, les petits mouvements des sens : 3) régit les forces de vie plus vastes, les passions et les plus vastes mouvements de désir ; 4) régit l’être émotif supérieur, avec le psychique profondément derrière lui ; 5) régit l’expression et l’extériorisation des mouvements du mental et des forces mentales ; 6) régit la pensée, la volonté, la vision ; 7) régit le mental pensant supérieur et le mental illuminé et s’ouvre au-dessus vers l’intuition et le surmental. Le septième centre est parfois, ou par certains, identifié au cerveau, mais c’est une erreur ‑ le cerveau n’est qu’un chenal de communication situé entre le lotus aux mille pétales et le centre du front. Le lotus aux mille pétales est parfois nommé le centre du vide, shoûnya, soit parce qu’il n’est pas dans le corps mais dans un vide apparent au-dessus, soit parce que, quand on s’élève au-dessus de la tête, on entre tout d’abord dans le silence du moi et de l’être spirituel  81. » « 81. Nouvelles lumières sur le Yoga, chapitre 2. »

P. 161. « C’est ainsi que la conscience intérieure est ordonnée. Il y a cinq divisions principales de cette échelle. Au sommet au-dessus de la tête, sont les zones (nous disons les plans) dont nous ne sommes pas conscients et qui ne deviennent conscientes pour nous que par la sâdhanâ, celles qui sont au-dessus du mental humain : c’est la conscience supérieure. Au-dessous, depuis le sommet de la tête jusqu’à la gorge, sont les zones (qui sont nombreuses) du mental, les trois principales étant situées l’une au sommet de la tête, communiquant avec la conscience supérieure, une autre entre les sourcils, où se trouvent la pensée, la vision et la volonté, une troisième dans la gorge où est le mental extériorisant. Une deuxième division va des épaules au nombril ; là sont les zones du vital supérieur sur lesquelles règne le centre du cœur où se trouve l’être émotif, le psychique étant caché derrière lui. Depuis le nombril vers le bas se trouve le reste de l’être vital, qui contient plusieurs zones. Depuis le bas de la colonne vertébrale et au-dessous se trouvent les zones de la conscience physique proprement dite, la conscience matérielle, et sous les pieds le subconscient qui contient aussi de nombreuses zones. »

P. 162. « Le moûlâdhâra […] n’est pas dans le corps physique, mais dans le corps subtil (c’est dans le corps subtil que l’être s’en va quand il entre en transe profonde ou, plus radicalement, au moment de la mort) ; il en est de même pour tous les centres. Mais comme le corps subtil pénètre le corps grossier et qu’ils s’entremêlent, il y a une certaine correspondance entre ces chakra et certains centres physiques. »

P. 163. « […] lorsque l’Ânanda ou autre chose descend dans l’être, c’est dans le corps subtil qu’il s’infiltre, mais à travers lui il se communique au corps grossier et à sa conscience, de telle sorte qu’on le sent s’infiltrer dans le corps. »

P. 164. « On ne peut parler de chakra que par référence au yoga. Chez les gens ordinaires, les chakra ne sont pas ouverts, c’est seulement quand ils font la sâdhanâ que les chakra s’ouvrent. Car les chakra sont les centres de la conscience intérieure et appartiennent à l’origine au corps subtil. Seule une très petite partie en est active chez les gens ordinaires car, chez eux, c’est la conscience extérieure qui est active. »

P. 164. « Les centres de conscience, les chakra. C’est grâce à leur ouverture que la conscience yoguique, ou conscience intérieure, se développe ‑ sinon vous êtes enchaîné à la conscience extérieure ordinaire. »

P. 165. « Le supramental n’est pas organisé dans le corps, il n’a donc pas de centre distinct ; mais tout ce qui vient d’au-dessus du Mental passe par le sahasrâra et donc y ouvre quelque chose. »

P. 164. « Au-dessus de la tête s’étend le centre de la conscience supérieure, sahasradala padma. Mais habituellement, quand le sahasradala s’ouvre, il y a aussi un fonctionnement partiel du centre du front. »

P. 166. « Le sommet de la tête est le lieu de passage entre la conscience corporelle, avec tout ce qu’elle contient de mental et de vie, et l’être supérieur au-dessus du corps. C’est là que les deux consciences commencent à se rejoindre. »

P. 166. « Le cerveau est seulement un centre de la conscience physique. On se sent établi là tant que l’on demeure dans le mental physique, ou que l’on est identifié à la conscience corporelle ; alors on reçoit, à travers le sahasrâra, dans le cerveau. Quand on cesse d’être établi dans le corps, alors le cerveau n’est pas un lieu de résidence, mais seulement un canal de transmission passif et silencieux. »

P. 166. « L’ouverture du centre au sommet de la tête élimine la difficulté provoquée par le couvercle entre le mental ordinaire et la conscience supérieure au-dessus. Si l’âjnâchakra est ouvert aussi, une communication claire est possible entre la conscience supérieure et le mental intérieur, et aussi le mental extérieur (centre de la gorge). Cette ouverture est la condition nécessaire à la réalisation de la connaissance, à l’illumination mentale et à la transformation. »

P. 167. « Si le centre du front s’ouvre, il est à peu près certain que le centre au sommet de la tête s’est ouvert au moins suffisamment pour permettre le passage de la force supérieure qui est au-dessus de lui. Pour le psychique, c’est autre chose ‑ il se tient derrière les centres, et le moment de son ouverture varie avec chacun ; en fait, c’est moins l’ouverture d’un centre que la venue au premier plan de l’être psychique. »

P. 166. « Au front, entre les yeux mais un peu au-dessus, se trouve l’âjnâchakra, centre de la volonté intérieure et aussi de la vision intérieure, du mental dynamique, etc. (non pas la volonté et la vision du mental extérieur ordinaire, mais quelque chose de plus puissant, qui appartient à l’être intérieur). Quand ce centre s’ouvre, et que la Force qui s’y trouve est active, alors s’ouvrent une volonté plus grande, un pouvoir plus grand de décision, de formation, une efficacité plus grande qui dépassent ce que le mental ordinaire peut accomplir. »

P. 167. « Oui. Un troisième œil s’ouvre là, en effet [au milieu du front]. Il représente la vision occulte et le pouvoir occulte qui accompagne cette vision ; il est relié à l’âjnâchakra. »

P. 167. « Le centre de la vision est entre les sourcils, au milieu du front. Quand il s’ouvre, on obtient la vision intérieure, on voit les formes et les images intérieures des choses et des gens, et on commence à comprendre les choses et les gens de l’intérieur et pas seulement de l’extérieur ; un pouvoir de volonté se développe qui, lui aussi, agit à la manière intérieure (yoguique) sur les choses et les gens, etc. Son ouverture est souvent le commencement de la conscience yoguique, par opposition à la conscience mentale ordinaire  82. » « 82. Nouvelles lumières sur le Yoga, chapitre 2. »

P. 170. « Le centre de la gorge est le mental (physique) extériorisant, […]. »

P. 168. « Oui, le centre de la gorge est le centre du mental physique. C’est le centre de l’extériorisation ‑ en paroles, en expression, en pouvoir de traiter mentalement les choses physiques, etc. Son ouverture apporte le pouvoir d’ouvrir le mental physique à la lumière de la conscience divine, alors qu’autrement on reste dans la mentalité ordinaire tournée vers l’extérieur. »

P. 165. « Le cou, la gorge et la partie inférieure du visage appartiennent au mental extériorisant, au mental physique ; le front au Mental intérieur. Au-dessus de la tête sont les plans supérieurs du mental. »

P. 165. « La parole vient du centre de la gorge, mais elle est associée au centre ou au plan qui dirige la conscience, quel qu’il soit ‑ à tout endroit où l’on se situe pour penser. Si on s’élève au-dessus de la tête, la pensée a lieu au-dessus de la tête et la parole tire de là son origine, c’est-à-dire qu’elle est gouvernée de là. »

P. 169. « L’organe de la parole est un instrument du mental physique ou mental expressif extériorisant. »

P. 170. « Le cœur physique est du côté gauche, mais le centre du cœur, dans le yoga, est au milieu de la poitrine. »

P. 170. « […] le cœur est le mental émotif et le commencement du vital supérieur. Quand le centre du cœur est, si peu que ce soit, dominé par le mental physique, il est nécessairement ouvert aux attaques extérieures qui affectent la conscience physique et nerveuse. Le cœur doit être en liaison avec le psychique et la conscience supérieure. »

P. 166. « Le centre du cœur régit le psychique et le vital ‑ son ouverture permet à l’influence psychique de travailler dans le vital et se termine par la venue au premier plan de l’être psychique. »

P. 128. « Le centre de l’être psychique est derrière le centre de l’être émotif, c’est l’être émotif qui est le plus près, dynamiquement, du psychique ; chez la plupart des hommes c’est à travers le centre émotif que le psychique peut être atteint le plus aisément, et à travers l’émotion devenue psychique qu’il peut s’exprimer le plus aisément. Beaucoup, par conséquent, confondent l’un et l’autre ; mais il y a un monde entre les deux. Normalement, les émotions sont, par nature, vitales et ne font pas partie de la nature psychique. »

P. 172. « C’est là [à la base de l’épine dorsale] que se situe le centre physique qui est aussi le centre sexuel. Son sommet est au bas de l’épine dorsale et il se projette de là, dirigeant l’organe et son action. »

P. 172. « Le centre le plus bas, au bas de l’épine dorsale, contient beaucoup d’autres choses, mais à l’avant il est le point d’appui des mouvements sexuels. »

P. 130. « Le moûlâdhâra est le principal support de la conscience physique et des parties matérielles de la nature. »

P. 149. « Le moûlâdhâra est le centre de la conscience physique proprement dite  68 [68 : correspond à une note de bas de page.] ; tout ce qui se trouve au-dessous dans le corps, est le pur physique qui, à mesure qu’il descend, devient de plus en plus subconscient ; mais le vrai siège du subconscient est au-dessous du corps, comme le vrai siège de la conscience supérieure (le supraconscient) est au-dessus du corps. On peut aussi sentir le subconscient n’importe où, le sentir comme quelque chose qui est sous les mouvements de la conscience et qui, en un certain sens, la supporte d’en dessous ou bien la tire à lui vers le bas. »

P. 172. « Non, le subconscient est trop vague pour avoir un centre. Il a un plan ‑ sous les pieds, comme le supraconscient est au-dessus de la tête, mais à partir de là il peut surgir n’importe où. »


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P. 112. « Au-dessus de la tête se tient la Conscience, la Force universelle ou divine. La Koundalinî est le pouvoir latent assoupi dans les chakra. »

Tome 5, p. 73. « Yoga signifie union avec le Divin – une union qui peut être transcendante (au-dessus de l’univers), cosmique (universelle) ou individuelle ; ou encore, comme dans notre yoga, les trois à la fois. Le yoga signifie aussi que l’on entre dans un état de conscience où l’on n’est plus limité par le petit ego, par le mental personnel, le vital personnel et le corps, mais où l’on est en union avec le Moi suprême, ou avec la conscience universelle (cosmique), ou encore avec quelque conscience intérieure plus profonde en laquelle on perçoit son âme, son être intérieur, et la vérité réelle de l’existence. Dans la conscience yoguique, on perçoit non seulement les choses mais les forces ; non seulement les forces mais l’être conscient qui est derrière les forces. On perçoit tout cela, non seulement en soi-même, mais dans l’univers.
Il y a une force qui accompagne la croissance de la conscience nouvelle et qui, en même temps qu’elle grandit avec elle, l’aide à s’établir et à se parfaire. Cette force est la Shakti du yoga (yogashakti). Elle est ici-bas repliée et assoupie dans tous les centres (chakra) de notre être intérieur, et elle forme à la base de la colonne vertébrale ce qu’on appelle dans les Tantra la Shakti Koundalinî. Mais elle est aussi au-dessus de nous, au-dessus de notre tête, en tant que Force divine – et là, elle n’est ni repliée ni emprisonnée ni assoupie, mais éveillée, consciente et puissante, étendue et vaste ; elle est là, attendant de se manifester, et c’est à cette Force – au pouvoir de la Mère – que nous devons nous ouvrir. Dans le mental, elle se manifeste en tant que force mentale divine ou en tant que force mentale universelle et elle peut faire tout ce que le mental personnel est incapable de faire : c’est la force mentale yoguique. De même, quand elle se manifeste et agit dans le vital ou dans le physique, elle se manifeste en tant que force vitale yoguique ou en tant que force corporelle yoguique. Elle peut s’éveiller sous toutes ces formes, éclatant vers le dehors et vers le haut, s’étendant en largeur depuis le bas. Ou bien elle peut descendre et devenir un pouvoir défini pour certaine action ; elle peut se déverser de haut en bas dans le corps, œuvrant, établissant son règne, s’étendant en largeur depuis le haut. Elle peut relier ce qui est tout en bas en nous et ce qui est tout en haut au-dessus de nous, libérer l’individu dans l’universalité cosmique ou dans l’Absolu et le Transcendant  11. » « 11. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »

Tome 5, p. 74. « L’Énergie dans la Koundalinî est celle de la Mère. »

P. 163. « Le moûlâdhâra d’où s’élève la Koundalinî […]. »

Tome 5, p. 74. « Une force divine est assoupie ou voilée par l’Inconscience dans la Matière, et la Force supérieure doit descendre et l’éveiller par la Lumière et la Vérité. C’est là une notion bien connue, et c’est la base même de notre yoga. »

P. 162. « C’est quand la lumière spirituelle est là que la présence de la Mère se révèle, et son action fait descendre les pouvoirs de la Vérité, du Divin, et elle les donne au sâdhak. »

P. 149. « Si la lumière, la force, la Conscience de la Mère est amenée dans le corps, elle peut pénétrer le subconscient aussi et convertir son obscurité et sa résistance. »

P. 171. « On ne passe pas à travers le centre psychique, ni aucun autre centre. Les centres s’ouvrent sous la pression de la sâdhanâ. Vous pouvez dire que la Force descend ou monte pour pénétrer dans un centre. »

P. 168. « En règle générale, dans notre yoga, le mouvement se fait du haut vers le bas. Il peut y avoir des variantes au stade préparatoire. Par exemple, le centre du cœur peut s’ouvrir partiellement le premier. Le centre vital supérieur peut aussi devenir actif le premier, mais cela entraîne beaucoup de luttes et de difficultés. »

Tome 1, p. 88. « Dans notre yoga, il n’y a pas d’ouverture volontaire des chakra, ils s’ouvrent d’eux-mêmes par la descente de la Force. Dans la discipline tântrique ils s’ouvrent du bas vers le haut, le moulâdhâra en premier ; dans notre yoga ils s’ouvrent du haut vers le bas. Mais l’ascension de la force à partir du moulâdhâra a bien lieu. »

Tome 5, p. 70. « Cette sensation de part et d’autre de la colonne vertébrale et en elle est un signe de l’éveil du Pouvoir de la Koundalinî. On le sent comme un courant ascendant et descendant. Ces courants suivent deux principaux conduits nerveux, de chaque côté du passage central dans la colonne vertébrale. Le courant descendant est l’énergie d’en haut qui descend à la rencontre du Pouvoir endormi dans le centre nerveux inférieur, au bas de la colonne vertébrale. Le courant ascendant est l’énergie libérée qui s’élève de la Koundalinî éveillée. Ce mouvement, à mesure qu’il se poursuit, ouvre les six centres du système nerveux subtil, et grâce à cette ouverture, on échappe aux limitations de la conscience de surface enchaînée au corps matériel ; de vastes domaines d’expérience, propres au moi subliminal (mental, vital physique subtil) se découvrent au sâdhak. Lorsque la Koundalinî, traversant dans son ascension le sommet de la tête, rencontre la Conscience supérieur, il se produit une ouverture des régions supérieures du supraconscient, au-dessus du mental normal. C’est en gravissant les degrés dans notre conscience, et en recevant une descente de leurs énergies, qu’il nous sera finalement possible d’atteindre le supramental. Telle est la méthode du Tantra.
Dans notre yoga, il n’est pas nécessaire d’appliquer systématiquement cette méthode. Le processus se déroule spontanément, selon les besoins, par la force de l’aspiration. Dès qu’une ouverture se fait, le Pouvoir divin descend et mène l’action nécessaire, agit selon les besoins, chaque chose en son temps, et la Conscience yoguique commence à naître dans le sâdhak. »

Tome 5, p. 70. « La colonne vertébrale est la voie principale de la montée et de la descente de la Force qui, par là, établit la communication entre la conscience supérieure et la conscience inférieure. »

Tome 5, p. 74. « Il y a une yoga-shakti qui reste lovée ou endormie, inactive dans le corps intérieur. Quant on fait le yoga, cette Force se déroule et monte à la rencontre de la Conscience et de la Force divines qui attendent au-dessus de nous. Quand ceci arrive, quand la Yoga-Shakti éveillée s’élève, on la sent souvent comme un serpent qui se déroule et se dresse, se soulevant de plus en plus haut. Lorsqu’elle rencontre la Conscience divine au-dessus, la force de la Conscience divine peut alors descendre plus facilement dans le corps et on peut la sentir travailler là à changer la nature. »

Tome 6, p. 42. « C’est par le psychique que vous êtes relié à la Mère, et c’est lui qui oriente vers elle tous les mouvements de votre être ; […]. »

 

P. 80. « Voici ce que l’être psychique apporte à la sâdhanâ : 1) l’amour et la bhakti ; un amour qui n’est pas vital, qui n’est pas exigeant ni égoïste, qui ne pose aucune condition, qui ne réclame rien, qui existe en soi ; 2) le contact ou la présence de la Mère au-dedans ; 3) des indications intérieures infaillibles ; 4) un apaisement et une purification de la conscience mentale, vitale et physique par leur soumission à l’influence et à la direction psychiques ; 5) l’ouverture de toute cette conscience inférieure à la conscience spirituelle supérieure au-dessus pour qu’elle descende dans une nature préparée à la recevoir avec une complète réceptivité et une attitude juste ; car le psychique apporte en toutes choses une pensée juste, une perception juste, un sentiment juste, une attitude juste.
On peut faire monter sa conscience à partir du mental et du vital et faire descendre le pouvoir, l’Ânanda, la lumière, la connaissance d’en haut ; mais c’est beaucoup plus difficile et le résultat est incertain, et c’est même dangereux si l’être n’est pas préparé ou pas assez pur. S’élever avec le psychique est de loin la meilleure méthode d’ascension. Si vous vous élevez ainsi à partir du centre psychique, c’est bien. »

Tome 5, p. 71. « La loi principale de ce yoga est une confiance parfaite en la Mère divine et une vigilance qui repousse toutes les influences et toutes les suggestions fausses. »


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T. 4, p. 125. « […] Tout cela : colère, jalousie, désir, c’est la substance même de la conscience vitale ordinaire de l'homme. Elle ne pourrait pas être transformée s’il n’y avait, plus profondément au-dedans, une conscience d’un tout autre caractère. Il y a en vous un être psychique qui est divin, qui est directement une partie de la Mère, pur de tous ces défauts. Il est recouvert et dissimulé par la conscience et la natures ordinaires, mais quand il se dévoile et peut venir au premier plan pour gouverner l’être, alors il transforme la conscience ordinaire, jette au-dehors tous ces éléments non divins et transforme complètement la nature extérieure. […] »


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P. 140. « Aucun yoga véritable n’est possible, et moins encore un yoga intégral, si nous ne nous retirons pas du moi extérieur pour commencer à percevoir tout cet être intérieur et toute cette nature intérieure. Car alors seulement nous pouvons briser les limites de notre moi extérieur ignorant qui ne reçoit consciemment que les contacts extérieurs et connaît les choses indirectement à travers le mental et les sens extérieurs, et commencer à percevoir directement la conscience universelle et les forces universelles qui jouent à travers nous et autour de nous. Alors seulement aussi, nous pouvons espérer percevoir directement le Divin en nous, et être directement en contact avec la Lumière divine et la Force divine. »

P. 81. « L’être vital n’est pas le "je" ; l’ego est mental, vital, physique. L’ego suppose l’identification de notre existence au moi extérieur, l’ignorance de notre vrai moi au-dessus et de notre être psychique au-dedans. »


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P. 92. « L’être mental, vital ou physique subtil véritable a toujours les plus grandes qualités de son plan ‑ il est le Pourousha, et comme le psychique, bien que d’une manière différente, il est la projection du Divin ; il est par conséquent en contact avec la conscience supérieure et en reflète quelque chose, bien qu’il ne soit pas vraiment elle ; il est aussi en harmonie avec la Vérité cosmique. »

P. 92. « Mais le mental intérieur n’est pas le mental supérieur ; il est davantage en contact avec les forces universelles et plus ouvert à la conscience supérieure que le mental extérieur ou de surface, et possède un rayon d’action immensément plus profond et plus vaste ; mais il est essentiellement de la même nature. »

P. 118. « Le mental physique doit d’abord s’ouvrir à la conscience supérieure ; alors ses limitations disparaissent, il admet ce qui est supraphysique et commence à voir les choses en harmonie avec la connaissance supérieure. Il devient un instrument d’extériorisation de cette connaissance dans les perceptions et les actions pragmatiques de la vie physique. Il voit les choses telles qu’elles sont et les traite en accord avec la Vérité plus vaste, avec une justesse automatique de perception, de volonté et de réaction aux contacts. »


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P. 195. « […] imaginations et […] activités du mental vital qui concernent les choses, le travail, quoi que ce soit qui se présente au mental. Sur tout ce qui se présente au mental, l’imagination vitale en l’homme est capable de travailler, d’imaginer, de spéculer, de bâtir des idées ou des plans pour l’avenir, etc., etc. Cette imagination vitale a son utilité pour la conscience dans la vie ordinaire, mais dans le yoga elle doit s’apaiser et être remplacée par une action supérieure. »

P. 93. « Il [le vital véritable] est capable de recevoir les mouvements de la conscience supérieure, et ensuite il peut être capable de recevoir le pouvoir plus grand encore du supramental et de l’Ânanda. S’il ne l’était pas, la descente de la conscience supérieure serait impossible, et la supramentalisation serait impossible. Cela ne signifie pas que tout cela lui appartienne en propre et qu’aussitôt que l’on devient conscient de son vital véritable, on reçoive tout cela comme si c’était inhérent au vital véritable. »

P. 93. « Le vital véritable est dans la conscience intérieure, le vital extérieur est ce qui sert d’instrument au jeu actuel de Prakriti dans la personnalité de surface. Quand vient la transformation, le vital véritable rejette hors du vital extérieur ce qui n’est pas en harmonie avec sa propre vérité et en fait un instrument vrai pour s’exprimer, un moyen d’exprimer sa volonté intérieure, et non quelque chose qui répond aux suggestions de la Nature inférieure. Pratiquement, la distinction très nette entre les deux disparaît. »

P. 92. « Derrière toute la nature vitale de l’homme existe, caché et immobile, son être vital véritable, qui est tout à fait différent de la nature vitale superficielle. Le vital de surface est étroit, ignorant, borné, plein d’obscurs désirs, de passions, d’appétits, de révoltes, de plaisirs et de peines, de joies et de douleurs éphémères, d’exultations et de dépressions. L’être vital véritable, au contraire, est large, vaste, calme, fort, sans limitations, ferme et inébranlable, capable de toute puissance, de toute connaissance, de tout Ânanda. En outre, il est sans ego, car. il sait qu’il est une projection et un instrument du Divin : il est le Guerrier divin, pur et parfait ; en lui, se trouve une Force instrumentale capable de toutes les réalisations divines. »

P. 133. « Un vital fort est un vital plein de force de vie, qui a de l’ambition, du courage, une grande énergie, une force pour l’action ou pour la création, un large mouvement d’expansion, que ce soit dans le don généreux ou dans la possession, le commandement, la domination, le pouvoir de réaliser et de matérialiser ‑ et bien d’autres formes de la force vitale. Il est souvent difficile à un vital comme celui-là de se soumettre, car il a le sens de ses propres pouvoirs ‑ mais s’il peut le faire, il devient un admirable instrument de l’Œuvre divine  62. » « 62. Nouvelles lumières sur le Yoga, chapitre 2. »

P. 133. « Non, un vital faible n’a pas la force de se tourner vers la spiritualité ; et étant faible, il tombe plus facilement sous une mauvaise influence et éprouve des difficultés, même quand il le veut, à accepter tout ce qui dépasse sa propre nature habituelle. Le vital fort, quand la volonté est là, peut le faire beaucoup plus facilement ; son unique difficulté centrale est l’orgueil de l’ego et l’attirance de ses pouvoirs. »

P. 93. « Dans la conscience vitale véritable, le vital se donne entièrement, se convertit en un instrument du Divin, n’exige rien, ne cherche à imposer aucun désir, répond à la force de la Mère et à nulle autre ; il est calme, sans égoïsme, entièrement loyal et obéissant, sans ambition ni vanité personnelle, ne demande qu’à être un pur et parfait instrument, ne désire rien pour lui-même si ce n’est que la Vérité règne en lui et partout, que la Victoire divine arrive et que l’Œuvre divine soit accomplie. »


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P. 111. « L’être mental véritable n’est pas la même chose que le mental intérieur : les expressions être mental vrai, être vital vrai, être physique vrai désignent le Pourousha de chacun de ces niveaux, libéré de l’erreur, de la pensée et de la volonté ignorantes de la Prakriti inférieure et directement ouvert à la connaissance et à la direction d’en haut. »

P. 53. « Quant au Pourousha, il est là sur tous les plans ; il y a un Pourousha mental, manomaya, conducteur de la vie et du corps, selon l’expression de l’Oupanishad, il y a un Pourousha vital, un Pourousha physique ; il y a l’être psychique ou Chaïtya Pourousha qui pour ainsi dire soutient tous ces Pourousha et les porte tous. On peut dire qu’ils sont des projections du jîvâtman qui sont là pour soutenir la Prakriti sur les différents plans de l’être. »

P. 42. « Le jîvâtman n’est pas l’être psychique ‑ nous avons adopté chaïtya pourousha comme équivalent sanskrit de l’être psychique. »


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P. 117. « […] dans la conscience ordinaire tout se mélange et il n’y a aucun ordre, aucune règle claire. Dans le yoga, on devient conscient des différentes parties et de leur action propre, et on met chacune à sa place, chacune à son travail sous la surveillance de la conscience supérieure, ou encore sous celle du Pouvoir divin. Ensuite tout se charge de conscience spirituelle et il y a automatiquement la perception juste, l’action juste des différentes parties, parce qu’elles sont dominées entièrement d’en haut et ne falsifient pas les édits de cette Conscience ou de ce Pouvoir, ne s’y opposent pas, n’y introduisent pas de confusion. »

P. 95. « L’être extérieur n’est qu’un moyen d’expression, il n’est pas le moi. On ne doit pas s’identifier à lui, car il exprime une personnalité formée par la vieille nature ignorante. Si l’on ne s’identifie pas à lui, on peut le transformer, afin d’exprimer la vraie personnalité intérieure de Lumière. »

P. 95. « À mesure que, de vie en vie, on accumule de l’expérience, mentale ou vitale, le mental intérieur et le vital intérieur se développent aussi, selon l’usage que nous faisons de nos expériences et la mesure dans laquelle elles sont utilisées pour la croissance de l’être. »

P. 95. « Ils [le mental, le vital et le corps extérieurs] sont petits, mais ils ne sont pas sans importance malgré leur apparence insignifiante : car ils sont une voie nécessaire de transmission entre l’âme et le monde extérieur. »

P. 96. « Chez tout le monde les parties intérieures restent vulgaires ou deviennent nobles selon qu’elles sont orientées vers les forces extérieures de l’Ignorance, ou vers les forces supérieures qui viennent d’au-dessus et vers l’impulsion intérieure du psychique. Là toutes les forces peuvent entrer en jeu. C’est l’être extérieur qui est fixé dans un certain caractère, certaines tendances, certains mouvements. »

P. 1. « Nous sommes composés de nombreuses parties, et chacune apporte sa part au mouvement total de notre conscience, de notre pensée, notre volonté, nos sensations, sentiments et actions. Mais nous ne voyons ni l’origine ni la trajectoire de ces impulsions ; nous percevons seulement leurs résultats de surface, confus et pêle-mêle, et nous ne savons rien leur imposer de mieux qu’un ordre précaire et changeant tout au plus.
Le remède ne peut venir que des parties de l’être déjà tournées vers la lumière. Appeler et faire descendre en soi la lumière de la Conscience divine, faire passer l’être psychique au premier plan, allumer une flamme d’aspiration qui éveillera spirituellement le mental extérieur et embrasera l’être vital, telle est la solution  1. » « 1. Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère. »


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P. 137. « […] la conscience physique individualisée en nous, que nous rassemblons et construisons à partir des forces secrètement conscientes de la Nature physique universelle.
Il y a la conscience physique universelle de la Nature, et il y a la nôtre, qui en fait partie, est mue par elle, et que l’être central utilise comme support de son expression dans le monde physique, et pour manipuler directement tous ces objets, ces mouvements et ces forces extérieurs. Ce plan de conscience physique reçoit des autres plans leurs pouvoirs et leurs influences et en fait des formations dans son propre domaine. Par conséquent, nous avons un mental physique en plus du mental vital et du mental proprement dit ; nous avons, en nous, une partie physique-vitale ‑ l’être nerveux ‑ en plus du vital proprement dit ; et tous deux sont largement soumis aux conditions de la partie corporelle grossièrement matérielle qui est, pour notre expérience, presque entièrement subconsciente.
Le mental physique est celui qui est fixé sur les objets et les événements physiques, ne voit et ne comprend qu’eux, et les manie selon leur propre nature, mais ne réagit qu’avec difficulté aux forces supérieures. Livré à lui-même, il est sceptique à l’égard de l’existence de ce qui est supraphysique, dont il n’a aucune expérience directe et à quoi il ne peut trouver aucune explication ; même quand il a des expériences spirituelles, il les oublie facilement, en perd l’impression et le résultat, et peut difficilement y croire. L’illumination du mental physique par la conscience des plans supérieurs, spirituel et supramental, est l’un des objectifs de ce yoga, de même que son illumination par les pouvoirs des éléments du vital supérieur et du mental supérieur de l’être constitue la plus grande partie du développement de l’homme par lui-même, de la civilisation et de la culture.
Le physique vital, au contraire, est le véhicule des réactions nerveuses de notre nature physique ; c’est le domaine et l’instrument des sensations mineures, des petits désirs, des petites réactions de toutes sortes aux chocs de la vie physique extérieure et grossièrement matérielle. Cette partie physique vitale (soutenue par la partie la plus basse du vital proprement dit) est par conséquent l’agent de la plupart des petits mouvements de notre vie extérieure ; ses réactions habituelles, ses mesquineries obstinées sont la principale pierre d’achoppement sur le chemin de la transformation de la conscience extérieure par le yoga. Elle est aussi en grande partie responsable de la plupart des souffrances et des maladies du mental ou du corps que subit l’être physique dans la Nature.
Quant à la partie grossièrement matérielle, il n’est pas nécessaire de préciser sa place, car elle est évidente ; mais il faut se souvenir qu’elle aussi a une conscience qui lui est propre, l’obscure conscience propre aux membres, aux cellules, aux tissus, aux glandes, aux organes. Rendre cette obscurité lumineuse, utilisable directement par les plans supérieurs et par le mouvement divin est ce que nous appelons, dans notre yoga, rendre le corps conscient ‑ c’est-à-dire plein d’une perception vraie, éveillée, capable de répondre, et non de sa demi-subconscience obscure et limitée. »

P. 137. « Le corps […] a sa propre conscience à partir de laquelle il agit, même sans aucune volonté mentale de notre part, ou même à l’encontre de cette volonté, et notre mental de surface sait très peu de chose de cette conscience corporelle, ne la ressent que d’une manière imparfaite, n’en voit que les effets dont il a la plus grande difficulté à découvrir les causes. Acquérir la perception de cette conscience corporelle séparée, voir et sentir ses mouvements et les forces qui agissent sur elle de l’intérieur ou de l’extérieur, et apprendre à la maîtriser et à la diriger même dans ce que ses processus ont de plus caché et (pour nous) de plus subconscient, tout cela fait partie du yoga. Mais la conscience corporelle elle-même n’est qu’une partie de la conscience physique individualisée en nous, que nous rassemblons et construisons à partir des forces secrètement conscientes de la Nature physique universelle. »

P. 129. « […] mental corporel est une vérité très tangible ; en raison de son obscurité et de son attachement mécanique aux mouvements passés, de sa facilité à oublier et à rejeter les mouvements nouveaux, nous trouvons en lui l’un des obstacles majeurs qui empêchent la Force supramentale de pénétrer les fonctionnements du corps et de les transformer. En revanche, une fois que ce mental corporel sera effectivement converti, il sera l’un des instruments les plus précieux pour stabiliser la Lumière et la Force supramentales dans la Nature matérielle. »

Mise à jour le Lundi, 10 Novembre 2014 16:47